--Mon Dieu, se dit-il, en quel pays suis-je tombé, et quels sont ces gens qui se disputent ainsi?

Et le premier passant qu'il interroge lui répond:

--Mais, monsieur, ce sont des journalistes qui font de la polémique!

Elle continue, cette polémique, sur les voitures-annonces que traînent des coolies parisiens. Le pousse-pousse sert à ces batailles. La provocation se fait ambulante, et de pacifiques traîneurs promènent à travers la ville les mêmes épithètes agressives:

--Flibustiers!

--Maîtres-chanteurs!

--Professeurs d'escroquerie!

L'algonquin, l'iroquois ou le tonkinois en question est un peu abasourdi. Quoi! c'est là cet aimable Paris dont on lui avait parlé tout là-bas? Il hoche la tête, regarde sa malle à peine défaite, la refait et murmure à part soi:

--Bah! c'est partout la même chose. Je retourne chez les Hurons!

Donc, pendant que la presse prend envers elle-même des libertés qui finiront par mettre sa liberté en péril, la vie continue et, par la vie, il faut entendre la mort. Ce dernier mot est celui qui semblait le moins fait de tous pour le robuste Normand disparu la semaine passée. Pouyer-Quertier! Ou plutôt Monsieur Pouyer-Quertier!