L'Italie et les États-Unis.--Les pourparlers continuent entre les deux gouvernements et l'on considère comme certain que l'incident n'aura pas les suites graves que l'on avait pu craindre un instant.

M. Blaine a exprimé à M. Imperiali de Villafranca, chargé d'affaires d'Italie, le regret que lui causait le départ de M. de Fava. Le gouvernement des États-Unis admet le principe d'une indemnité aux familles des victimes, mais il ne peut prendre d'engagement en ce qui concerne le moment précis où des poursuites pourront être exercées contre les coupables.

On se trouve, en effet, en présence des difficultés que nous avons indiquées dès le premier jour et qui résultent de la constitution des États-Unis, laquelle ne permet pas au gouvernement fédéral d'intervenir dans l'administration de la justice de chacun des États confédérés.

Mais, d'autre part, le gouvernement italien fait remarquer que les puissances étrangères n'ont, pas à entrer dans l'examen des relations que la constitution américaine a créées entre les États et le gouvernement central, la protection des étrangers étant le premier devoir d'une puissance civilisée.

Les négociations en sont là, et il n'y a plus qu'à attendre la solution qui intéresse toutes les nations qui sont en rapport avec les États-Unis.

Bulgarie: Le meurtre de M. Beltchef.-Malgré les recherches actives faites par le gouvernement, et que dirige M. Stamboulof en personne, malgré l'offre d'une prime de 20,000 francs faite par la police à celui qui la mettra sur la trace des coupables, les meurtriers de M. Beltchef n'ont pas été arrêtés. Cependant, on compte déjà par centaines le nombre des personnes qui, soupçonnées d'avoir pris part au complot, ont été jetées en prison.

Le prince Ferdinand a adressé à M. Stamboulof un rescrit qui consacre l'opinion, généralement admise, que les meurtriers visaient en réalité le premier ministre.

Ce rescrit imprimé en gros caractère a été affiché sur les murs de Sofia.

Une révolte dans les Indes anglaises.--Une dépêche de Calcutta a signalé un incident qui a excité une vive émotion en Angleterre.

M. Quinton, commissaire général d'Assam, s'était rendu à Manipour avec deux régiments, afin de procéder à l'arrestation d'un chef qui avait détrôné le rajah. Pendant la nuit, ces tribus indigènes ont attaqué le camp anglais qui a résisté pendant deux jours. Enfin, les munitions étant épuisées, le commissaire Quinton fut obligé de donner l'ordre «Sauve qui peut!» Les survivants estiment que 460 soldats ont été tués. M. Quinton et sept officiers manquaient à l'appel, mais on se plaît à espérer qu'ils ont peut-être été épargnés et gardés comme otages par les rebelles.