Le partage de l'Afrique: le traité anglo-portugais.

--La lutte engagée entre l'Angleterre et le Portugal au sujet de leurs possessions en Afrique a pris fin. Le traité signé à Londres a été ratifié par les Cortès et bientôt, les dernières formalités accomplies, la convention deviendra exécutoire.

La ligne frontière des territoires respectifs des deux royaumes, au nord et au sud du Zambèze, demeure à peu près identique à celle qu'avaient tracée les négociateurs de l'an passé, à l'exception, naturellement, du crochet quelle doit décrire pour englober la vaste superficie concédée par delà le fleuve entre Tète et Jumbo. D'autre part, le Manicaland avec Mutassa, mais à l'exclusion du Massikessé, est définitivement attribué à l'Angleterre, en d'autres termes à la compagnie sud-africaine.

Une commission mixte, dont la composition n'a pas été encore arrêtée, se rendra sur les lieux pour procéder au tracé détaillé et définitif.

Chacune des deux puissances contractantes s'est engagée à reconnaître les concessions minières qui ont été légalement accordées sur son territoire ainsi qu'à respecter toutes les formes de la propriété privée. Tout litige relatif à des concessions ou domaines situés à trente milles de l'un ou l'autre côté de la frontière sera soumis, non pas à la juridiction ordinaire, mais à l'arbitrage. C'est là une sage précaution qui, vraisemblablement, ne sera pas inutile, car dans les possessions lointaines, là ou les droits des individus sont forcément mal définis, les conflits d'intérêts privés dégénèrent facilement en conflits internationaux. Il est donc prudent de convenir à l'avance qu'ils seront soumis à l'arbitrage, c'est-à-dire à une juridiction dont les sentiments de neutralité seront garantis.

La solution n'est évidemment pas avantageuse pour le Portugal, mais c'est une solution et le gouvernement de Lisbonne a trop besoin de repos pour mettre l'ordre dans ses affaires financières ou commerciales pour qu'on ne le félicite pas d'avoir écarté cette grosse question, même au prix de quelques sacrifices.

Nécrologie.--Le contre-amiral marquis de Montaignac, ancien ministre de la marine.

Le vice-amiral Bosse, du cadre de réserve.

Le contre-amiral Guérin-Duvivier.

M. Bouthier de Rochefort, député de l'arrondissement de Charolles.