4.--L'empereur-roi lit aux députés hongrois le discours du trône, renvoyant la Chambre et fixant les élections du 25 janvier au 5 février.--Décret royal de dissolution de la Chambre grecque, fixant les élections au 5 mars.--En Roumanie, le cabinet vieux-conservateur Georges Cantacuzène remplace le cabinet libéral Demètre Stourdza.

5.--Publication de la lettre du prince Troubetzkoï, président du zemstvo de Moscou, au ministre de l'intérieur; le prince y demande que le tsar, «en face de la révolution qui menace, ait confiance en la nation et dans ses corps constitués».--Décret royal de dissolution de la Chambre roumaine, fixant les élections aux 1er et 11 février.

LA GUERRE RUSSO-JAPONAISE

Nous avons annoncé, la semaine dernière, la capitulation de Port-Arthur, signée dans la soirée du 2 janvier. Depuis la première attaque dirigée contre la place, la bataille de trois jours de Kin-Tchéou (26 mai), sept mois s'étaient écoulés, sept mois d'attaques sans cesse renouvelées et de bombardement continu. Toutes les nations, et jusqu'au souverain du Japon lui-même, ont rendu hommage à l'héroïsme de Stoessel, de ses officiers, de ses hommes.

L'amiral Doubassov (Russe).--Phot. Levitsky. L'amiral baron de Spaun (Autrichien).--Phot. Grillich.

LES DEUX NOUVEAUX MEMBRES DE LA COMMISSION D'ENQUÊTE SUR L'INCIDENT ANGLO-RUSSE DE HULL

L'armée assiégée comptait, au début, 35.000 hommes; 11.000 furent tués, 16.000 étaient malades ou blessés; ne restaient plus dans les forts que 8.000 hommes, dont 2.000 environ n'étaient pas en état de combattre. Pendant le siège, 265% des hommes furent mis hors de combat: ce chiffre extraordinaire s'explique par ce fait que de nombreux soldats blessés successivement plusieurs fois (jusqu'à 7 fois) retournèrent se battre après chaque guérison. Sur 10 généraux, 2 furent tués, 1 mourut, 2 furent blessés, 1 fut contusionné. Sur 9 commandants de régiments, 2 furent tués, 2 moururent de blessures, 4 furent blessés. Sur 8 commandants de batteries, 1 fut tué, 5 furent blessés.

D'après le texte de la capitulation, toute la garnison était prisonnière. Les officiers pouvaient garder leurs épées; il leur était permis de rentrer en Russie, contre leur parole de ne plus servir jusqu'à la fin des hostilités; le tsar, par télégramme, les a autorisés à donner cette parole. Tous les forts, batteries, navires, matériel, etc., devaient être remis dans l'état aux Japonais. Cette convention a été immédiatement exécutée. Dès le 3, à midi, les Russes évacuaient les forts de Itzé-Chan, Antzé-Chan, Kaiyang-Kow. Le 4, au matin, commençait le transfert du matériel. Le 5, commençait la pénible opération du désarmement; elle a eu lieu dans le village de Yakoutsoui, près du rivage de la baie du Pigeon. Les prisonniers de guerre étaient ensuite dirigés sur Dalny, d'où ils partiront pour le Japon. Le même jour, le 5, un premier détachement japonais entrait dans la ville pour maintenir l'ordre. L'entrée officielle des vainqueurs a été fixée au 8. Sur 878 officiers, 441, jusqu'à présent, ont donné la parole demandée par le général Nogi et retourneront en Russie; le général Stoessel est parmi ces derniers.

La deuxième escadre du Pacifique est arrivée,--après avoir contourné le cap de Bonne-Espérance et, par le sud, Madagascar,--sur la côte nord-est de la grande île; les cuirassés de l'amiral Rodjestvensky jetaient l'ancre, le 2, à Sainte-Marie de Madagascar; le 3, les navires de l'amiral Falkersam mouillaient dans la baie de Passandeva; le point de concentration serait décidément la rade de Diego-Suarez.