--Les préparatifs de la 3º escadre sont poussés avec vigueur, à Libau.
Une escadre japonaise continue à croiser dans les environs de Singapour; 4 croiseurs ont été vus sur le littoral oriental de Sumatra; le 6, un croiseur a reconnu l'entrée du port de Manille.
M. VADECARD
M. Vadécard.--Phot. Marius.
M. Vadécard, dont le nom vient d'acquérir, à la suite d'incidents retentissants, une notoriété quasi universelle, est, nul ne l'ignore aujourd'hui, le secrétaire général du Grand-Orient de France. L'importance soudainement révélée de son rôle dans l'affaire désormais historique dite «des fiches» l'ayant mis au premier plan de l'actualité, sa personne ne pouvait rester à l'abri de la curiosité des profanes, derrière les murailles du Temple où il exerce ses fonctions avec une activité discrète. De ce jour, la publication de sa biographie s'imposait. Déjà la presse quotidienne l'a répandue à des milliers d'exemplaires; bornons-nous donc à en résumer les points exacts.
Fils de travailleurs de modeste condition, M. Vadécard est né dans la Seine-Inférieure. Des bancs de l'école primaire, il passa au pupitre d'une étude de notaire, puis, appelé sous les drapeaux, fit son service comme artilleur; à sa sortie du régiment, il obtint un emploi à l'administration centrale du Grand-Orient, devint sous-chef du sous-secrétariat et enfin secrétaire général. Ce titre, ses qualités d'ancien administrateur de la caisse des écoles du quatorzième arrondissement de Paris, sa collaboration à divers journaux et revues d'un républicanisme plutôt foncé lui valaient le ruban rouge, au mois de janvier de l'an dernier.
Mais rien ne saurait mieux compléter cette notice sommaire que la physionomie même du personnage, et, s'il est un soin qui tout particulièrement incombe à un grand périodique illustré, c'est de la faire connaître au public. Nous donnons donc son portrait, document rare et presque inédit, jusqu'à présent, d'après une photographie récente, ressemblance garantie. Cette fidèle image d'un des plus fervents zélateurs d'un genre d'apostolat qu'il ne nous appartient pas d'apprécier ici nous montre un homme encore jeune (trente-huit ans), un visage d'apparence bénigne au premier abord, mais où les traits caractéristiques, à les observer de près, annoncent un esprit réfléchi, méthodique et ferme en ses desseins.
Loin de renier son humble origine, M. Vadécard s'honore d'être un enfant du peuple; il se flatte de devoir surtout à son labeur la haute situation qu'il occupe aujourd'hui dans la puissante association maçonnique de la rue Cadet. Certes, sa place n'est point une sinécure, à n'en juger que par l'organisation du fameux système de «fiches» dont il fut la cheville ouvrière. A ce sujet, d'ailleurs, le secrétaire général du Grand-Orient, soucieux de départir les responsabilités, déclare en propres termes que, «si, depuis février 1901, il a contribué à fournir au ministère de la guerre les moyens de contrôler les sentiments et les tendances politiques des officiers de l'armée française, c'est sur la demande expresse du ministre, au vu et au su de son entourage immédiat».