Attendons maintenant de savoir ce que donnera la nouvelle locomotive. En tout cas, il est permis d'exprimer cette opinion que la locomotive ordinaire actuelle est un outil barbare, qui est la cause d'un gaspillage effroyable.

Le Lion de Chéronée reconstitué.
--Phot. Comm. par M. Caclamanos.

LE LION DE CHÉRONÉE.

Il y a deux ans (7 avril 1903) nous publiions une photographie des ruines du Lion de Chéronée, élevé par la piété des Thébains à la mémoire de leurs trois cents compatriotes du «Bataillon sacré» tombés en défendant la patrie contre l'assaut de Philippe de Macédoine, en 300 avant Jésus-Christ. Ces débris avaient grande allure, et la tête du lion, toute fruste et mutilée qu'elle fût, conservait une noblesse de style, une fierté d'expression très impressionnantes.

On a, comme nous le disions alors, entrepris de restaurer ce monument vénérable. M. L. Sokhos, l'artiste qu'on a chargé de cette tâche, y a apporté tout le soin pieux dont il était capable, y a mis toute son âme. Le monument, réédifié, sur son socle, domine maintenant le champ sacré de Chéronée et va être de nouveau inauguré au printemps, en une fête qui n'aura certes pas, quoi qu'on fasse, le caractère de celle dont il put être le témoin le premier jour où il se dressa à cette place. D'aucuns trouveront que les morceaux en étaient plus augustes et plus émouvants que ne paraît être la restitution. Les ennemis des «restaurateurs» n'ont pas toujours si grand tort qu'on le pense. Mais les «restaurateurs» sont tenaces!

Les étudiants du Cercle français de l'université
d'Harvard se préparant à une représentation des
«Folies amoureuses» de Regnard.

LE THÉÂTRE FRANÇAIS EN AMÉRIQUE.

La nouvelle d'un curieux événement théâtral nous arrive de Cambridge (Etats-Unis): pour sa dix-huitième représentation annuelle, le Cercle français de l'université d'Harvard a donné les Folies amoureuses, de Regnard, avec le prologue et le ballet de la Folie, c'est à-dire la pièce dans toute son intégrité, telle que l'auteur l'offrit au public parisien il y a deux siècles. Les organisateurs de ce spectacle ont même poussé plus loin l'esprit d'initiative dont ils sont coutumiers: déjà, en 1899, ils avaient eu la bonne fortune de «monter» la «première» du Pédant joué de Cyrano de Bergerac; cette fois, ils ont réussi à découvrir le manuscrit original de la partition composée par Gilliet pour accompagner l'oeuvre de Regnard en 1704, partition qui ne fut jamais imprimée et a disparu du répertoire de la Comédie-Française.