L'auteur est parti de cette idée que la nutrition du cheveu doit, comme celle de l'ongle, dépendre de l'état de la nutrition générale et que, si la consistance, le volume et la coloration de l'ongle subissent des altérations dans les parties qui croissent dans le cours d'une maladie, il doit en être de même de la consistance, du volume et de la coloration du cheveu.

L'observation a confirmé ces prévisions théoriques, et M. Matsuura a constaté que, dans le cours de presque toutes les maladies aiguës ou chroniques, la partie des cheveux qui avait poussé durant la période morbide avait une épaisseur inférieure à l'épaisseur normale. Cette diminution d'épaisseur variait d'un dixième à un quart, alors que les inégalités normales n'atteignaient jamais un dixième.

Comme on pouvait s'y attendre, c'est dans les maladies de longue durée, la fièvre typhoïde, et surtout la phtisie, que cette altération était le plus accentuée. Les seuls cas où l'auteur n'ait pu constater aucune trace de ce phénomène sont ceux où la mort était arrivée soit subitement, soit dans un temps très court, comme dans les ruptures d'anévrisme, les embolies, les fractures du crâne ou autres accidents mortels.

En même temps que la diminution de l'épaisseur des cheveux, l'auteur a observé l'interruption de leur couche médullaire et leur friabilité. Les cheveux des malades s'épilent aussi plus facilement.

Ces observations ne constituent pas une simple curiosité médicale. Pratiquement, elles peuvent servir à rétablir l'histoire des maladies d'un individu et, en médecine légale, à contrôler certaines affirmations et à vérifier des identités douteuses.

COMMENT S'APPELLE LA PLUS HAUTE MONTAGNE DU GLOBE?

Jusqu'ici, quand on demandait quelle est la plus haute montagne du globe, les gens bien informés répondaient sans hésitation: «Le mont Everest ou Gaurisankar, dans l'Himalaya; 8,840 mètres.» Il va falloir changer cela, en conséquence des récentes investigations qui ont mis fin à des discussions qui duraient depuis longtemps déjà. Quand le pic de 8,840 mètres fut découvert, la science géographique lui donna un numéro d'ordre, en l'absence de toute dénomination indigène. Ce fut le pic XV. En 1856, L'Indian Surrey proposa de donner au pic XV le nom de son ancien chef, Everest. Ce qui fut fait. Mais en 1857, Schlagintweit vint tout troubler. Il avait vu, de Kaulia, un sommet très élevé que les indigènes de la région nommaient Gaurisankar, et il ajoutait que ce Gaurisankar n'était autre que le pic XV ou Everest du gouvernement indien. Le nom indigène devait prévaloir, disait le voyageur allemand qui n'était peut-être pas fâché de vexer un peu les Anglais. Mais ceux-ci répondaient qu'il devait y avoir erreur. Ils ne niaient pas l'existence du Gaurisankar, mais contestaient que cette montagne fût la même que l'Everest. Il devait y avoir deux pics. De nombreux mémoires furent écrits pour et contre; mais on fit mieux: on explora, et, pour achever de faire la lumière, une expédition fut envoyée au Népaul en 1903. Cette expédition a réglé le différend.

Elle a fait voir qu'effectivement, l'Everest et le Gaurisankar sont deux pics bien distincts. Ils sont même à 57 kilomètres de distance et appartiennent à deux massifs différents.

Le plus élevé est le pic XV ou Everest; le Gaurisankar (pic XX de l'Indian Surrey), de l'autre côté de la vallée du Dudh Kosi, n'a que 7,143 mètres. L'Everest est considéré comme en ayant 8,840: la récente exploration a obtenu trois chiffres, par trois visées différentes: 8,767, 8,817 et 8,840 mètres; elle a retenu la plus forte, déjà obtenue par d'autres géographes. Il faut donc, à la question posée plus haut, répondre désormais: «Mont Everest, 8,840 mètres.» Il paraîtrait aussi que le nom de Gaurisankar serait une erreur; il n'y aurait pas de Gaurisankar. Il y aurait une cime très élevée, voisine de l'Everest, présentant deux sommets. Ces sommets auraient chacun leur nom: le plus élevé serait le Sankar et l'autre le Gauri.

Il ne faut plus parler du Gaurisankar, mais seulement du Gauri et du Sankar.