C'est le Sankar qui aurait 7,143 mètres.

LE NOUVEAU TRAITEMENT DES NÉPHRITES.

Depuis peu de temps une nouvelle méthode s'est introduite dans la thérapeutique des néphrites: c'est la méthode opothérapique, préconisée par le professeur Renaut, de Lyon, et qui consiste à traiter ces affections si redoutables et si pénibles par la macération de rein de porc.

MM. M. Page et Dardelin, qui ont utilisé cette méthode, ont communiqué à la Presse médicale leurs impressions sur les résultats obtenus par eux. Celles-ci sont très satisfaisantes. Ils ont soigné 18 cas par la méthode lyonnaise et, dans 16 cas, l'albumine a totalement disparu. Voici quelques renseignements sur la méthode. Le remède se prépare en coupant un rein de porc en menus morceaux qu'on lave avec de l'eau fraîche pour enlever ce qui pourrait rester d'urine. Après quoi on fait un hachis de ces morceaux de rein et on le pile jusqu'à ce qu'il forme une bouillie qu'on met dans 300 grammes d'eau fraîche additionnée de sel (à la dose de 7 gr. 50 0/00). On laisse macérer trois heures, au frais, en remuant de temps en temps. C'est le liquide de macération qui constitue le remède: on le boit en trois fois dans la journée, additionné de julienne froide, par exemple, pour masquer le goût qui d'ailleurs n'est pas trop mauvais. Le traitement doit se prolonger pendant dix jours consécutifs. La macération doit être faite chaque jour, car elle ne se conserve pas du jour au lendemain; il faut la conserver à la glace pour éviter un commencement de fermentation.

Même dans des cas d'artériosclérose avancée, la méthode expérimentée par MM. Page et Dardelin leur a donné d'excellents résultats: plusieurs mois après le traitement, l'albumine n'avait pas reparu. Aussi faut-il espérer que les médecins mettront à l'épreuve le procédé inauguré par M. Renaut et que leurs malades s'en trouveront aussi bien que ceux de MM. Page et Dardelin.

Mouvement littéraire.

L'Indo-Chine française, par Paul Doumer (Nony, 10 fr.).--Péking pendant l'occupation étrangère en 1900-1901, par le lieutenant-colonel Guillot (Lavauzelle, 3 fr. 50).

L'Indo-Chine française.

Pendant cinq ans, de 1897 à 1902, M. Doumer a gouverné l'Indo-Chine, où il succédait à M. Rousseau. Ce sont ses souvenirs de là-bas et son administration que le nouveau président de la Chambre expose dans son livre. Pas de phrases inutiles en ces pages. L'auteur est avant tout un homme d'action qui s'amuse peu aux bagatelles littéraires et aux redondances oratoires. Il écrit comme il parle et comme il agit. Quelquefois cependant sa concision se pare, comme lorsqu'il rend sa vision des ruines kmères de Watpou, au Cambodge, et d'Angkor, au royaume de Siam. «Tout est grand ici, tout est colossal: la végétation, les ruines, les souvenirs. On ne peut s'empêcher d'admirer les arbres, dont les fûts, que vingt bras n'entoureraient pas, s'élèvent vers le ciel, droits, vigoureux, altiers, comme s'ils s'étaient nourris de la chair des morts qui dorment à leur ombre.» Mais peut-être n'est-ce pas quand il monte jusqu'à la poésie que M. Doumer nous semble supérieur. Il excelle dans le récit tout nu, dans l'élégante et sobre manière dont il use pour narrer ce qu'il a vu et les réformes qu'il a accomplies.

Débarqué à Saigon, le 13 février 1897, il commence par étudier la Cochinchine, dont il nous dit le climat et les ressources. Là règne une chaleur humide et accablante, et beaucoup d'insalubrité; mais de cette terre molle, fertile, sort en abondance le riz dont l'exportation annuelle s'élève de 80 à 100 millions de francs. Les habitants logent dans des cases en bambou, aussi peu confortables que possible; ils ont, par commune, une maison des notables et un marché couvert.