Il n'en est pas de même à cet autre front de taille horizontal--en plateure --et de plus faible puissance: il a été étayé au fur et à mesure de l'avancement du travail par le «chapeau» que soutiennent les deux «moutons»; les hommes accroupis se servent pour l'abatage d'une haveuse pneumatique.

Le travail le plus pénible s'opère dans des gîtes de très faible épaisseur (0m,60) et de forte inclinaison: le haveur, couché dans la taille, sa lampe venant encore ajouter à la chaleur et à la viciation de l'air, arrache le charbon à coups de pic, de pinces et le repousse du pied, en rampant, dans l'étroit boyau, par «boutage», jusqu'aux galeries où le herscheur le reçoit dans une berline.

L'aérage se fait ici de façon difficile; on est obligé d'employer des injecteurs plus ou moins primitifs: un tuyau au centre duquel jaillit un filet d'eau qui entraîne et rafraîchit une certaine quantité d'air, par exemple (mines de la Guttehoffnungshütte). Plus tard, quand la fausse voie suivante aura été atteinte, le front de taille sera desservi, comme le reste de la mine, par le courant qui ne cesse de traverser toute l'exploitation, en partant du puits d'extraction pour aboutir aux ventilateurs monstres du puits d'aérage.

Ces puits, dont le forage est long et coûteux, sont munis d'un «cuvelage», revêtement en bois, maçonnerie ou actuellement fonte, qui les rend étanches et empêche l'eau des nappes traversées de noyer les travaux.

Les eaux d'infiltration, les fuites inévitables du cuvelage--les «pichoux»--sont amenées par les pentes naturelles à un puisard, le «bougnou», qui se trouve en prolongement du puits. C'est là que les pompes qui fonctionnent sans jamais s'arrêter vont les puiser pour les rejeter au jour.

Mais l'heure de la remontée au jour a sonné... Avant de quitter ces profondeurs, nous noterons en résumé les progrès accomplis et projetés, qui répondent en partie aux desiderata des congrès d'hygiène: c'est la tendance à suppléer le plus possible au travail manuel par les actions mécaniques, perforatrices, haveuses, treuils, câbles sans fin (pour remplacer la traction animale), le tout mu par l'air comprimé, l'eau sous pression, la vapeur ou l'électricité, que l'on arrive à employer dans les milieux grisouteux avec des moteurs cuirassés et une ventilation intensive, distribués aux appareils du fond après production par les appareils du jour ...

Quelles sont alors les vraies raisons de la grève? Nous laisserons à l'avenir, ou au socialisme d'outre-Rhin le soin de nous les dire bientôt.
GEORGES G. PARAF.

Au front de taille: havage à la main.