--Y avait-il des Japonais à bord?
--Non, monsieur.
--Un bruit quelconque de la présence d'un navire de guerre dans les parages de Hull, est-il venu à vous?
--Non, jusqu'au passage des navires russes.
Le commandant Clado, qui était embarqué sur le Prince-Souvarof en qualité de second capitaine de pavillon de l'amiral Rodjestvensky, allait apporter, avec non moins d'énergie et de précision, dans sa déposition, des affirmations tout autres.
Fanaux des pêcheurs de Hall.
Le commandant a été entendu dans les deux séances tenues mardi dernier, 31 janvier. Le matin, il a déposé en russe, comme il avait été convenu. Mais, alors que, pour les autres témoins, c'est un traducteur qui lit la version française des dépositions, c'est M. Clado lui-même, qui, le même jour, à la séance de l'après-midi, a donné lecture de la traduction de sa déposition. Il l'a fait d'une voix claire, sans le moindre accent.
Et il attesta la présence, dans les eaux de Hull, sur le lieu de l'incident, non pas d'un, mais de deux torpilleurs, reconnus à la forte volute d'écume que soulevait leur étrave, à leurs doubles cheminées basses et crachant des panaches de fumée.