C'est, en tout cas, un incomparable spectacle que celui qui s'est offert à M. Saint-René-Taillandier à son entrée dans la ville de Moulay-Idriss. Le caïd-el-mechouar ou introducteur des ambassadeurs, Idriss-ben-Yaïch, un superbe mulâtre à la voix tonnante, est d'abord venu au-devant de lui. Puis le cortège s'est grossi peu à peu des fonctionnaires du Makhzen, dans leurs costumes d'une éblouissante blancheur, la couleur des vêtements transparaissant à travers la finesse des haïks et des djellabas; puis des cavaliers et des caïds de toutes couleurs, oranges, mauves, roses; puis les fantassins rouges, ondulant comme un champ de coquelicots; enfin toute la population de Fez rangée à Bab-Segma, la porte grandiose par laquelle le bachadour de France pénétrera dans la cité sainte. Que ce cortège des Mille et une Nuits ait, par instants, quelque chose d'une parade de cirque, il se peut. Mais l'ensemble m'a paru vraiment féerique et grandiose.
Ensuite viendront les affaires sérieuses.
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LA CAPITALE DU SULTAN ABD-EL-AZIZ.--Fez vue des hauteurs couronnées de ruines qui dominent la ville. Copyright by Underwood and Underwood. Voir l'article, page 73.
Documents et Informations.
LE GUI.
Le gui du chêne est devenu introuvable dans notre pays, disions-nous dans un récent numéro (24 décembre). Un de nos lecteurs, M. Guirbal, nous envoie à ce sujet les renseignements complémentaires suivants:
Un arbre à gui.
Le gui du pommier, quoique commun, ne se rencontre dans les vergers que par touffes isolées auxquelles la serpe des paysans fait une guerre sans merci; le gui du peuplier, par contre, pousse en véritables frondaisons dans certaines régions humides du Sud-Ouest, et c'est lui qui alimente principalement nos marchés parisiens.