Bien qu'au point de vue botanique il n'y ait aucune différence, le parasite du pommier se distingue de celui du peuplier par sa tenue, sa finesse, ses formes plus sveltes, son vert plus foncé; il se conserve mieux et est plus recherché.

Le véritable arbre à gui n'est même pas le peuplier commun, mais bien le peuplier tremble, connu dans le Midi sous le nom de carolin, dont les feuilles sont agitées d'un mouvement perpétuel et les branches puissantes étendues en parasol.

La photographie ci-jointe, prise à Saint-Nauphary, dans la banlieue de Montauban, représente un de ces spécimens, et encore après que les plus belles touffes de gui ont été récoltées pour la vente.

Un fait curieux à noter, c'est que ces arbres très élevés sont généralement envahis par le sommet alors que les pieds producteurs du parasite sont situés à des distances considérables.

Ce sont les petites grives ou merles draines qui, très friandes des baies gluantes du gui, mais ne digérant pas la graine unique qu'elles renferment, répandent au loin la semence avec leurs déjections.

On connaît le rôle considérable des insectes dans la fécondation des fleurs, mais celui des oiseaux, faisant à leur manière le geste auguste du semeur, est assez peu connu pour mériter d'être signalé.

La CONDUCTIVITÉ ÉLECTRIQUE DU CORPS.

A un certain moment c'était assez la mode de mesurer la conductivité du corps à l'électricité pour apprécier la condition saine ou morbide de celui-ci. Mais la méthode fut assez vite abandonnée: il était difficile de mesurer exactement les différences, et de grandes variations se présentaient qu'on ne savait interpréter. Voici, toutefois, qu'un médecin suisse, M. E.-K. Muller, vient de reprendre l'étude de la question, il a été frappé par la grande variabilité de la conductivité du corps humain selon l'heure et le jour. La nature des repas récents exerce aussi une influence considérable. Autre phénomène singulier: le retour de valeurs exactement identiques dans des séries d'expériences continuées 10 et 15 minutes, pour les mêmes minutes, alors même que les expériences sont séparées par un intervalle de plusieurs jours. Une constatation singulière a encore été faite par M. E.-K. Muller. C'est que, pour la même personne, les valeurs de la conductivité diffèrent énormément selon qu'elle est isolée dans une salle spéciale, ou bien en compagnie d'une tierce personne; c'est ainsi que, chaque fois qu'un bruit se produit ou qu'une personne entre dans la pièce où se fait l'expérience, la résistance électrique présente une variation subite et considérable.

La résistance ne varie pas seulement sous l'influence de causes extérieures évidentes: elle varie aussi sous l'influence des émotions et des sensations. Dès que celles-ci ont quelque intensité, la résistance diminue fortement tombant au quart ou au cinquième de ce qu'elle était. Des oscillations de la résistance se produisent même quand on parle au sujet en expérience ou quand on l'oblige à concentrer son attention. Tout effort de volonté, tout effort pour entendre un bruit lointain, toute excitation des sens, tout effort, si faible soit-il, du corps ou de l'esprit, s'accompagne d'un changement de résistance. On peut même, par les variations de la résistance, voir si le sujet a des rêves ou non et si ceux-ci sont calmes ou mouvementés. Toute émotion, même temporaire, agit sur la résistance. Celle-ci varie non seulement selon les excitations physiques ou psychiques, elle varie selon la personne et sa condition du moment. Il y a des personnes plus résistantes que d'autres. La résistance est très basse chez les nerveux, chez les buveurs et les fumeurs. Elle est basse chez les sujets hypnotisés aussi, mais avec des renforcements subits et extraordinaires dès que se produit une excitation externe. Ces recherches seraient à poursuivre et à développer; peut-être en pourrait-on tirer des conclusions intéressantes pour la psychologie et la physiologie.