Le vice-amiral Touchard.
Phot. Pirou, rue Royale.
LE VICE-AMIRAL TOUCHARD
Le vice-amiral Touchard, nommé récemment chef d'état-major général de la marine, est né en 1844 et compte plus de quarante ans de service. Il a, comme capitaine de frégate, commandé l'aviso Hugon, pendant la campagne du Tonkin; comme capitaine de vaisseau, le cuirassé Marengo et l'Iphigénie, croiseur-école des aspirants.
Contre-amiral, le 6 juin 1894, il occupa deux fois les fonctions de sous-chef d'état-major général, puis prit, en 1898, le commandement d'une division de l'escadre du Nord. Entré au comité consultatif, il recevait, en avril 1902, la troisième étoile et, le mois suivant, était appelé à la préfecture maritime de Cherbourg, qu'il vient de quitter. Il est grand officier de la Légion d'honneur.
LE DOYEN DE L'ARMÉE
Le commandant Desmarest
La ville de Melun vient de fêter le centième anniversaire d'un de ses notables habitants, M. Emmanuel-Auguste Desmarest, commandant en retraite, officier de la Légion d'honneur, né à Huningue (Alsace), le 8 février 1805.
Toute localité ayant le rare privilège de posséder un centenaire en tire quelque vanité, d'ailleurs bien légitime: chez notre fragile espèce, savoir pratiquer l'art difficile de vivre un siècle n'est point un mince mérite, et il est naturel que le prestige qu'il confère au vainqueur du temps excite la fierté de ses proches concitoyens. Melun devait donc un public hommage à son centenaire; d'autant plus que le cas de M. Desmarest est particulièrement extraordinaire.
En effet, cet homme prédestiné à une exceptionnelle longévité a traversé les vicissitudes les plus propres à abréger son existence. Il exerce d'abord la profession paisible de graveur sur métaux, puis, épargné par la conscription, il s'oriente vers l'industrie, où, s'il n'est pas assuré de faire fortune, il a du moins chance de cheminer sans trop de risques jusqu'à la halte finale que son bon tempérament lui permet d'espérer lointaine. Mais soudain, à l'âge de vingt-sept ans, il se souvient qu'il est fils et petit-fils de soldats, l'atavisme éveille en lui une vocation tardive, il s'engage, en 1832, dans l'infanterie: le voilà embrassant la carrière militaire périlleuse entre toutes.