Publication artistique, L'Illustration prodigue les belles gravures hors texte. A partir du mois prochain, nous serons en mesure de donner périodiquement des gravures en couleurs ou en camaïeu, remmargées, comme celles qui ont valu un si grand succès à notre dernier numéro de Noël.
Publication littéraire enfin, L'Illustration offre à ses abonnés la plus attrayante des lectures: celle des oeuvres dramatiques nouvelles.
Nous avions annoncé pour cette semaine la Massière, de M. Jules Lemaitre, qui triomphe chaque soir au théâtre de la Renaissance. Mais, entre temps, nous avons obtenu de l'illustre écrivain italien, M. Gabriele d'Annunzio, et de son traducteur, M. G. Hérelle, l'autorisation de publier la Fille de Jorio, que le théâtre de l'Oeuvre vient de révéler au public français. Nous donnons donc dans ce numéro cette pièce curieuse et forte, inédite en France, et qui est considérée en Italie comme un nouveau chef-d'oeuvre national.
Après avoir fait connaître à nos lecteurs ce morceau capital de la littérature dramatique italienne, c'est à la littérature dramatique allemande contemporaine que nous les initierons la semaine prochaine avec la Retraite, de Beyerlein, traduite par MM. Rémon et Valentin, et que vient de monter le théâtre du Vaudeville. La Retraite a eu plus de mille représentations en Allemagne.
Puis nous reviendrons à la littérature dramatique française, d'abord avec la Massière, de M. Jules Lemaitre; ensuite avec les Ventres dorés, de M. Émile Fabre; avec le Duel, de M. Henri Lavedan: avec Monsieur Piégois, de M: Alfred Capus; avec l'Armature, de MM. Paul Hervieu et Brieux; avec le Goût du Vice, de M. Henri Lavedan, etc., etc.
Nous devons ajouter que L'Illustration va publier toute une série de romans signés des noms les plus appréciés du public. Après la Force du Passé, par Mme Daniel Lesueur, que nous commençons aujourd'hui, nous donnerons des oeuvres importantes de MM. Michel Corday et J.-H. Rosny, de Mmes Marcelle Tinayre et Claude Lemaitre... et bien des surprises agréables sont réservées à nos lecteurs.
COURRIER DE PARIS
Journal d'une étrangère
Après dîner. C'est la demi-heure, un peu morne, durant laquelle les hommes se sont réfugiés au fumoir, pour empester de tabac les tentures et se chuchoter à l'oreille des anecdotes grivoises. Nous sommes là sept ou huit femmes groupées, dans un coin du salon trop vaste, autour de la maîtresse de la maison, qui nous sourit d'un air préoccupé. Cette fuite subite des maris a comme «jeté un froid»; il faut le temps de se réinstaller, de reprendre contact, et l'on cherche des sujets de conversation.
L'actualité les fournit et peu à peu s'établit un courant de familiarité gentille. On parle de la guerre et des modes nouvelles, des projets de M. Dujardin-Beaumetz et du duel épistolaire où se mesurèrent ces jours-ci, avec une si belle véhémence, Mmes Syveton et Lebaudy; on agite la question de savoir si Mme Madeleine Lemaire, dont l'exposition s'est ouverte hier, rue de Sèze, «est en progrès»: et l'on se réjouit de voir se rouvrir tout à l'heure celle des Aquarellistes.