Le grand peintre
allemand Adolf Menzel.
D'après un instantané. célèbre, national, et l'une des gloires de l'école. En 1899, l'empereur Guillaume II avait consacré son renom en lui accordant, par une faveur exceptionnelle, le grand cordon de l'Aigle rouge, C'était un étrange petit vieillard, au front saillant, tout blanc de poils, aux allures de gnome, une manière de marmouset de la Forêt-Noire, d'humeur, dit-on, assez atrabilaire. Ces particularités mêmes de son caractère et de son physique avaient contribué, peut être aidant que son talent, à rendre sa figure populaire.
Il avait débuté dans la lithographie, au moment où l'art de Senefelder, tout nouvellement créé, était dans le plein de sa vogue. Il était demeuré, jusqu'au bout et par-dessus tout, un illustrateur au crayon alerte et précis. Comme peintre, son oeuvre se peut diviser en deux parties: l'une, à laquelle il se donna avec passion, avec ferveur, fut consacrée à glorifier les actions du grand Frédéric, celles qu'a recueillies l'histoire et celles de la légende; l'autre où il semblait se délasser en reproduisant des scènes de la vie réelle. Le premier cycle surtout devait enthousiasmer l'empereur Guillaume II, qui donna un jour au peintre cette joie de faire reproduire en tableau vivant, à la cour, par des personnages fort haut placés, l'une de ses toiles les plus fameuses, la Séance de, musique, où Frédéric tient en personne son instrument favori, cette flûte dont si allègrement son père, le «Gros Guillaume», lui cassa parfois sur les reins quelque exemplaire. Sans doute la postérité cotera-t-elle plus haut la Forge, la Pâtisserie à Kissingen, En chemin de fer et autres oeuvres où Menzel s'est montré observateur amusant, naturaliste au meilleur sens du mot.
LES THÉÂTRES
Nous donnerons, dans notre prochain numéro, la Retraite, comédie dramatique en quatre actes, de M. Franz-Adam Beyerlein, traduite de l'allemand par MM. Maurice Rémon et n. Valentin, que vient de représenter le théâtre du Vaudeville. Cette pièce a produit une énorme sensation en Allemagne; elle est, en effet, très captivante; ce n'est pas assez dire pour le troisième acte--une scène de conseil de guerre--un des plus émouvants que depuis longtemps nous ayons vus au théâtre. MM. Lérand, Dubosc, L. Gauthier, Roger Vincent et Mlle Marthe Mollet tiennent les principaux rôles avec beaucoup de talent: une bonne part du succès revient aux excellents comédiens du Vaudeville.
LES "DRAGONS DE L'IMPERATRICE" AU THÉÂTRE DES VARIÉTÉS.--Finale du 3e acte.
Après une série d'intéressantes reprises des opérettes qui triomphèrent sous le second Empire, le théâtre des Variétés vient de jouer, avec un brillant succès, un opéra-comique en trois actes de MM. Georges Duval et Albert Vanloo pour le texte et André Messager pour la musique, dont le sujet est d'ailleurs emprunté à cette même période de notre histoire. Un livret amusant, une parution délicieuse, des interprètes et des décors à souhait assurent aux Dragons de l'Impératrice une longue suite de victoires quotidiennes sur la scène des Variétés.
LES «JEUX DU NORD»
Les jeux Olympiques rassemblaient tous les quatre ans, aux bords de l'Alphée, la Grèce entière. Los trois nations Scandinaves, Suède, Norvège, Danemark, ont songé peut être à ce souvenir de l'antiquité quand elles ont créé leurs «Jeux du Nord», qui doivent être célébrés, de deux en deux ans, dans l'une des capitales des trois royaumes. La série avait commencé à Stockholm, en 1901; en 1903, ce furent les Norvégiens qui reçurent, à Christiania, leurs frères Scandinaves. Cette année, c'est Stockholm, de nouveau, qui, du 4 au 12 février, a donné l'hospitalité aux sportsmen danois, norvégiens et suédois, Copenhague, en raison de la douceur relative, de son climat, ayant dû décliner l'honneur.
Ce sont, bien entendu, des sports d'hiver, exclusivement, qui composent le programme de cette réunion: courses à voile sur patins, courses de yachts sur glace, patinage en vitesse, concours de patinage à figures, courses de skis, alternent avec des excursions en traîneaux, des parties de pêche dans l'archipel de la Baltique et avec des fêtes populaires du plus pittoresque effet du plus vif intérêt.