Mme Stoessel au milieu du groupe d'orphelins
qu'elle ramène en Russie sur le pont du
"Saint-Nicolas". --Phot. Guerin.
Dans le canal, la température commence à fraîchir. Alors, changement à vue: les costumes de fantaisie disparaissent comme par enchantement pour faire place à des vêtements plus chauds, des uniformes, des tuniques agrémentées d'aiguillettes, des bottes, des bonnets à poils inattendus. Seul, l'amiral Lotsehensky, l'unique marin russe, conserve son petit «complet» fatigué, son chapeau mou; il ne sort pas de son coin isolé, près d'un treuil, à l'arrière, où il semble mis en pénitence. Celui-là a bien l'air d'un vaincu!...
Le soir de cette même journée, les adieux: Champagne traditionnel, toasts chaleureux, serrements de mains, acclamations répétées: «Vive la France! Vive la Russie!...»
Aujourd'hui 15, arrivée à Port-Saïd à cinq heures du matin. Encore un changement imprévu dans les physionomies: Stoessel et les autres officiers blessés à la tête se sont mis un bandeau; ainsi l'a prescrit le médecin, crainte des poussières malsaines, si l'on descend à terre... Un monsieur se présente, vêtu d'un frac de cérémonie, malgré l'heure matinale: c'est le consul. Salamalecs, bouquets.
Enfin, une embarcation à vapeur, l'Isis, vient chercher le général Stoessel et se compagnons pour les conduire à bord du Saint-Nicolas, qui doit les ramener en Russie.
L. Sabattier.
Débarquement du général Stoessel et des défenseurs de Port-Arthur à Theodosia (Crimée), le 21 février. Photographie de notre correspondant particulier! M. Forst.
STOESSEL OFFRE SON CHEVAL D'ARMES A NOGI D'après les documents fournis à L. Sabattier par l'état-major du général Stoessel.