Les deux forces qui ont troué les 20 kilomètres
de roche du Simplon: la perforatrice et la
dynamite.

Et quand ce fut fini, tandis qu'on disposait les cartouches armées de cordons plus longs aussi qu'à l'habitude,--car il fallait prévoir l'arrivée des eaux et avoir le temps de fuir le plus loin possible,--dans une poussée folle, les lourdes machines furent emportées en arrière. En dix minutes elles étaient hors de l'atteinte de l'explosion alors que ce travail prenait ordinairement plus d'une demi-heure.

Alors, les travailleurs se retirèrent.

Nous avons donné, en de précédents articles, suffisamment de détails techniques sur l'admirable travail que constitue le percement du Simplon pour nous dispenser d'y revenir ici. Je rappellerai seulement en quelques mots que la galerie principale, le tunnel qui sera achevé dans quelques mois, est doublé parallèlement par une autre galerie, plus étroite, qui deviendra plus tard un second tunnel semblable au premier, et par où sont actuellement évacués les déblais et les eaux. Des couloirs obliques, des «transversales», les réunissent de place en place, bouchées à mesure que les travaux avancent.

Entrée sud-est du tunnel, à Iselle (Italie). Les vainqueurs du dernier rocher: l'assistant
Betassa, l'ingénieur Bacilieri et le chef
d'équipe Ribotto.

Afin de dévier les eaux par ces transversales, qui devaient les conduire à la petite galerie, on avait élevé, en travers du tunnel, l'obstruant jusqu'à la hauteur d'un mètre, des barrages formés d'une cloison de planches garnie de sacs de sable.

Trois de ces digues formaient obstacle un peu au-dessous des transversales numéros 45 bis, la plus rapprochée de l'avancement, 45 et 44.

Le temps que brûlaient les cinq mètres de mèche pendante au dehors de chaque trou de mine, les ouvriers redescendirent, sans trop de hâte, la grande galerie.