SCARRON, pièce en cinq actes, envers, de M. Catulle Mendès, que va jouer M. Coquelin aîné à la Gaité;

L'AGE D'AIMER, pièce en quatre actes de M. Pierre Wolff, annoncée d'abord sous le titre Dernier Amour, et dans laquelle Mme Réjane va faire sa rentrée au théâtre du Gymnase;

L'ARMATURE, pièce tirée du roman de M. Paul Hervieu, par M. Brieux;

LE DUEL et LE GOUT DU VICE, les deux oeuvres nouvelles de M. Henri Lavedan, de l'Académie française;

LE RÉVEIL, de M. Paul Hervieu, de l'Académie française;

MONSIEUR PIÉGOIS, de M. Alfred Capus, etc., etc.

COURRIER DE PARIS

journal d'une étrangère

Une classe au Conservatoire. Il est neuf heures et demie du matin. Une dizaine d'auditeurs à peine s'éparpillent, dans la salle faiblement éclairée, parmi les sièges rouges du parterre. Les musiciens s'installent. Ils sont là soixante-dix ou quatre-vingts jeunes gens et jeunes filles, lauréats des derniers concours, admis à l'honneur de composer l'orchestre qu'une heure par semaine, à huis clos, dirige Taffanel. La petite scène--jusqu'au faîte du décor grec qui en remplit le fond--est encombrée de banquettes et de pupitres disposés en amphithéâtre et au-dessous desquels, à droite et à gauche du maître, des chaises sont alignées. Les plus vieux de ces musiciens n'ont pas beaucoup plus de vingt ans et j'aperçois au milieu d'eux de petits garçons, des fillettes. Tout cela compose un gentil tableau de jeunesse artiste. Aux premiers rangs--côté des violons--les jeunes filles sont nombreuses (costumes simples, tenues de petites bourgeoises bien élevées que ne hantent point les rêves de chic des comédiennes); aux banquettes supérieures, sous la lumière des petites lampes électriques, brillent des boutons d'uniformes,--tuniques de lignards et d'artilleurs. A côté de crânes militaires exactement tondus s'épanouissent des chevelures de «pékins», bien peignées et copieuses. On a d'avance posé sur les pupitres les diverses «parties» de la Pastorale: c'est le déchiffrage d'aujourd'hui. Sur un signal du petit bâton, dans le silence de la salle vide, la voix de la divine mélodie s'élève.

Le maître conduit, le dos voûté au-dessus du pupitre bas, le cou tendu vers les instruments qui chantent et que les mouvements de ses bras ont l'air d'encourager, de supplier, de gronder doucement. Barbe grisonnante, torse trapu sous le veston de travail, le cordon du binocle accroché à l'oreille, il est bien le bon chef, le «papa» qu'on aime et qu'on écoute. De temps en temps, de deux coups secs frappés au bois du pupitre, il interrompt l'orchestre et, d'un ton bonhomme, corrige une faute qu'on a faite, donne un conseil, signale un piège. On repart... et soudain, parmi le tapage des instruments, on entend une note filée, un chant joyeux ou plaintif... c'est le maître qui aide sa petite troupe à franchir un pas difficile, et dont la voix un peu enrhumée fait cortège à la mélodie...