Charles Bianchini.--Phot. Paul Boyer.

CHARLES BIANCHINI--Charles Bianchini est mort presque subitement, le 3 mars, à l'âge de quarante-cinq ans.

Originaire de Lyon, il était venu de bonne heure à Paris, où il devait acquérir la réputation d'un maître en l'art de dessiner les costumes de théâtre. Nos principales scènes, l'Opéra, l'Opéra-Comique, la Comédie-Française, avaient recours à sa science et à son habileté spéciales: pendant des années, nombre d'ouvrages importants furent montés avec sa précieuse collaboration. Avant réuni dans son atelier de l'Opéra une collection très complète de documents sur l'histoire du costume, il possédait en cette matière une véritable érudition, qui lui permettait de faire des reconstitutions aussi exactes que pittoresques.

Au moment même où allait disparaître l'excellent artiste, si répandu, si apprécié dans le monde des théâtres, les affiches annonçaient deux pièces nouvelles qu'il avait «habillées»: l'Enfant-Roi, à l'Opéra-Comique et la Belle Marseillaise, à l'Ambigu. C'est en sortant de la répétition générale de celle-ci qu'il a ressenti tout à coup les premiers symptômes du mal auquel il a succombé au bout de quelques heures.

L'imprévu, la soudaineté de cette fin et aussi le souvenir évoqué d'un drame judiciaire remontant à six ans ont suggéré d'abord l'hypothèse d'un empoisonnement criminel: mais l'autopsie légale a établi que la mort était naturelle et résultait d'une lésion du coeur.

LES OBSÈQUES DE M. EUGÈNE GUILLAUME.--L'École de Rome a rendu au vénéré maître, M. Eugène Guillaume, son ancien directeur, un pieux hommage. Dès qu'il avait appris la mort de son prédécesseur, M. Carolus-Duran avait demandé qu'on transportât la dépouille mortelle du sculpteur à la Villa Médicis, qu'il avait tant aimée jusqu'à sa dernière heure. On plaça le cercueil dans une chapelle ardente improvisée, où les pensionnaires de l'Académie, constitués en garde d'honneur, veillèrent jour et nuit. Et c'est de là, de cette dernière demeure chère à son coeur, que M. Eugène Guillaume partit pour la France, pour Paris, où le monde des arts se préparait à lui faire de solennelles obsèques.

A ROME--Service funèbre de M. Eugène Guillaume, ancien directeur
de l'Académie de France à Rome: le cortège quittant la Villa Médicis.

L'ASILE SOEUR-ROSALIE.--Le 2 mars, MM. Desplas, président du conseil municipal; Mesureur, directeur de l'Assistance publique, etc., venaient inaugurer la réédification de l'asile «Soeur-Rosalie», pour vieillards et malades indigents, fondé en 1850 par la soeur de Saint Vinrent de Paul, Rosalie Rendu, rue de l'Epée-de-Bois. Mme Loubet honorait de sa présence la cérémonie officielle.