M. Théodore Dubois, directeur du Conservatoire national de musique et de déclamation, vient de prendre la résolution de faire valoir ses droits à la retraite. Agé de soixante-sept ans, il a passé sa jeunesse dans la maison, comme élève, jusqu'au prix de Rome remporté en 1861; il y compte vingt-cinq années de service, comme professeur, et il y en a neuf qu'il occupe la direction où il fut appelé à la mort d'Ambroise Thomas. Pour motiver sa démission, l'éminent compositeur invoque le besoin de repos, un repos laborieux d'ailleurs, qu'il entend consacrer à des travaux personnels. En tout cas, son départ est un événement d'importance dans le monde artistique dont le Conservatoire est le temple et certains augures croient y voir le signe précurseur d'une réforme de l'institution.

L'ORPHELINAT DES ARTS EN FÊTE.--Arrivée des enfants à l'Ecole des Beaux-Arts.

Dimanche dernier eurent lieu l'assemblée générale et la distribution des prix de l'Orphelinat des Arts, dans l'hémicycle de l'Ecole nationale des Beaux-Arts, sous la présidence de M. Dujardin-Beaumetz. Mme Poilpot, présidente du comité, exposa la situation de l'oeuvre si utile dont la regrettée Marie Laurent fut la fondatrice, et le sous-secrétaire d'Etat prononça une chaleureuse allocution; puis, la séance administrative terminée, pour la, cérémonie des récompenses, agrémentée d'un attrayant programme musical, on introduisit les soixante-cinq pensionnaires que de grands omnibus avaient amenées de Courbevoie, fillettes aux costumes noirs, aux collerettes blanches, aux cheveux noués d'un ruban blanc. Et, malgré ces couleurs de deuil, la fête familiale dut le meilleur de son charme à la présence de ce gracieux bataillon.

Le chauffeur Audoire. Le mécanicien Mercier. Le prince de Bulgarie. M. Morizot, ingénieur.
COMMENT LE PRINCE FERDINAND DE BULGARIE, REVENANT DE LONDRES PAR CALAIS, EST ARRIVÉ A PARIS

Samedi dernier, 11 mars, au moment du court arrêt en gare d'Abbeville du train rapide numéro 6, allant de Calais à Paris, on vit sortir d'un wagon-salon un homme de haute taille, ganté de blanc, vêtu d'un ulster, coiffé d'une casquette, le visage à demi masqué par des lunettes d'automobiliste aux verres fumés. Il se dirigea vers la locomotive sur laquelle il monta; un coup de sifflet strident retentit, puis le train se remit en marche. A 5 h. 20, il stoppait à son terminus; tout le monde descendait, et alors l'homme mystérieux apparaissait, toujours très correct, mais quelque peu barbouillé de suie. A peine avait-il touché du pied le quai de la gare du Nord que tout le haut personnel se précipitait à sa rencontre en lui prodiguant les marques d'une profonde déférence. «Enchanté, ravi, déclarait-il; voyage très intéressant; je recommencerai.» Ce personnage, la chronique l'a déjà révélé, n'était autre que le prince Ferdinand de Bulgarie. Celui-ci revenant de Londres et ayant manifesté le désir d'agrémenter d'un numéro inédit le programme de son déplacement, on s'était empressé de satisfaire la royale fantaisie de Son Altesse. Voilà comment, en compagnie de M. Morizot, ingénieur de la traction, du mécanicien Mercier et du chauffeur Audoire, sur une superbe compound dernier modèle, portant le numéro 4999 et construite d'après les plans de M. l'ingénieur en chef du Bousquet, le prince, bravant une pluie battante, put goûter l'ineffable griserie du 120 à l'heure. Par ces temps d'automobilisme, un souverain ne saurait être plus moderne.

Documents et Informations.

AU PROCÈS BONMARTINI: LA «MAISON DE POUPÉE».

Une curieuse innovation aura marqué les débats du sensationnel procès Bonmartini, qui se poursuivent devant la cour d'assises de Turin.