Le général Kuroki prenant part lui-même au concours de tir.

Le général Kuroki, commandant de la 1ère armée japonaise, n'est pas, sans répit, l'homme grave, le taciturne que se sont appliqués à dépeindre les correspondants des journaux sur le théâtre de la guerre.

A une réception organisée au camp en l'honneur des attachés militaires étrangers, des journalistes accrédités à son armée et des officiers de son état-major, il avait imaginé d'instituer un grand concours de tir où les armes devaient être exclusivement des fusils pris sur les Russes. Un grand choix de prix était offert à l'émulation des lauréats: caisses de Champagne, de whisky, boîtes de conserves, cigares excellents de la Havane. La petite fête eut un très vif succès. Son organisateur, le général Kuroki, le général Fuji, chef d'état-major de la 1ère armée, ne dédaignèrent pas de disputer aux invités le prix de l'adresse. Allongé sur une natte, le commandant de la 1ère armée tira exactement le nombre de balles par lui attribué à chaque concurrent. Il ne fut pas extrêmement heureux, ajoute-t-on,--ni lui, ni le général Fuji. En revanche, les deux attachés français, le colonel baron Corvisart et le capitaine Payeur, furent parmi les vainqueurs.

Le colonel baron Corvisart, attaché militaire français.--Photographies Hare, copyright by Collier's Weekly.
UN CONCOURS DE TIR ENTRE OFFICIERS JAPONAIS ET ATTACHÉS MILITAIRES ÉTRANGERS AU CAMP DE KUROKI.

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ÉVACUATION DES BLESSÉS VERS LES HOPITAUX DE MOUKDEN, APRES UN COMBAT AUX AVANT-POSTES
D'après une photographie de notre correspondant, Victor Bulla. Prise au commencement de février, après un combat d'avant-postes livré près du Cha-Bo par un détachement de l'armée de Liniéviteh, la photographie de Victor Bulla, si tragique qu'elle soit déjà, ne peut donner qu'une faible idée du spectacle effroyable que présente actuellement la retraite de l'armée russe tout entière. Au milieu d'avril seulement, nous pourrons recevoir des documents photographiques sur la bataille de Moukden et ses désastres.

LA DEMISSION DU DIRECTEUR DU CONSERVATOIRE.--M. Théodore Dubois dans son cabinet de travail.