Abstraction faite des individus qui n'ont pas de profession, c'est la classe des accusés occupés à des travaux de manutention et de transports journaliers urbains pour la plupart qui, dans ses rapports avec la catégorie correspondante d'habitants, présente la proportion la plus forte (167 sur 100.000).

Au dernier degré de l'échelle criminelle se placent l'agriculture et les services publics (8 et 7 sur 100.000).

Mouvement littéraire

1815, tome III, par Henry Houssaye (Perrin, 7 fr. 50 et 3 fr. 50)--L'Armée moderne et les États-majors, par Pierre Baudin (Flammarion, 3 fr. 50).

1815.

Le tome III de M. Henry Houssaye commence après Waterloo et comprend l'abdication, la rentrée de Louis XVIII et la Terreur blanche. Que rencontra Napoléon revenant à Paris le 20 juin? L'hostilité de la Chambre des pairs et du Corps législatif où dominaient les libéraux comme La Fayette... Un seul moyen lui restait: user de son pouvoir de prorogation ou de dissolution des Chambres. Il pouvait faire un dix-huit brumaire légal et s'emparer de la dictature. C'est ce que lui conseillait Lucien. Mais l'esprit de décision de sa jeunesse et sa confiance ancienne en son étoile lui manquaient. En vain les fédérés, les soldats, les ouvriers criaient: Vive l'empereur! devant l'Elysée, il ne crut pas, dans la situation présente, pouvoir, sans les Chambres, réussir à chasser l'étranger; il craignait pareillement de déchaîner les foules révolutionnaires.

Trahi par Fouché, il abdique en faveur de son fils et se laisse persuader de quitter Paris pour s'établir, en attendant les événements, à la Malmaison (25 juin). De là il eut encore pu s'échapper; les tambours et les vivats des soldats qui passaient lui réveillaient toutes ses humeurs guerrières; il demanda à la commission exécutive, composée de cinq membres, avec Fouché comme président, de prendre le commandement des troupes, ce qui lui fut refusé. Fouché intriguait avec Vitrolles et, sans désirer nettement les Bourbons, se ménageait, dans la prévision de leur retour. Aussitôt après la nouvelle du désastre, Louis XVIII s'était acheminé de Gand vers la France. Après s'être arrêté à Cambrai, il en était parti le 30 juin sur l'avis de Wellington et, le 8 juillet, faisait son entrée solennelle dans Paris. En échange de ses bons offices, le général anglais lui imposa Talleyrand dont il savait l'habileté, et l'engagea à signer la nomination de Fouché comme ministre de la police. Etait-il possible de se passer de cet homme, un régicide, mais qui tenait dans ses mains le pouvoir et tous les fils de toutes les intrigues?

Que devient l'empereur, lequel, dans ces circonstances, est si loin de l'énergie première? Il se rend à Rochefort, afin de s'embarquer, sur une frégate française, pour les États-Unis. Mais, craignant la croisière ennemie et comptant sur la noblesse du peuple anglais, il se livre à Maitland, commandant du Bellérophon.

Rien de plus lamentable que l'état de la France pillée, incendiée et violée par les alliés. De plus, le parti vainqueur dresse ses listes de proscription. Des massacres illégaux comme, à Avignon, celui de Brune, dont le cadavre est traîné dans les rues et précipité dans le Rhône, se mêlent aux exécutions juridiques de La Bédoyère de Ney et des frères Faucher.

La Chambre introuvable élue, Fouché ne pouvait rester au pouvoir. On le nomme ministre de France à Dresde. Atteint, au commencement de 1816, par la loi contre les régicides relaps, il mourut en exil, l'an 1830.