Avec une belle éloquence toute littéraire et des documents précis et nombreux, M. Henry Houssaye nous a représenté ces mois si dramatiques. Il s'arrête à la chute de Talleyrand et au ministère du duc de Richelieu (25 septembre) qui signa les préliminaires de paix avec les quatre puissances.

L'Armée moderne et les États-majors. M. Pierre Baudin, dans ses études, examine l'ancienne armée avec le remplacement et les sept ans; l'armée de M. Thiers, sans homogénéité, prétend-il, avec les cinq ans et le volontariat; l'armée de trois ans avec les dispenses; enfin l'armée nouvelle avec la loi de deux ans et la suppression des dispenses. Pour le première fois, dit M. Baudin, nous aurons, comprenant toutes les forces intellectuelles, la nation armée en laquelle il se sent plein de confiance pour le: luttes futures ou pour maintenir fermement la paix autour de nos frontières.

Mais ce qu'il faut surtout considérer c'est l'état-major qui prend toutes les dispositions pour les guerres possibles. En Allemagne, il est peu nombreux et de sélection très étroite. Il ne comprend pas plus de deux cent quarante-huit officiers, débarrassés de tout formalisme administratif et de toute paperasserie. Chez nous, les officiers d'état-major sont au nombre colossal de sept cents--la Russie n'en compte que six cents--et s'occupent beaucoup trop d'administration minutieuse, en même temps qu'un certain nombre sont employés comme officiers d'ordonnance. Il les faudrait renfermer dans les questions techniques et stratégiques et dans les rapports sur les armées étrangères. C'est une critique sérieuse que fait de notre état-major, dont il reconnaît du reste les grandes qualités, M. Pierre Baudin. Dans son patriotisme, il le voudrait aussi parfait qu'il le désire. Son examen de l'état-major russe, composé de six cents officiers et son regard sur les causes des désastres en Extrême-Orient sont fort curieux. Au fond, je retrouve là ce que j'avais lu dans le livre d'un homme fort compétent, le général Zurlinden.

(Souvenirs de 1870).

A l'Académie de guerre de Saint-Nicolas, les commandants russes n'ont pas appris la guerre napoléonienne, la guerre d'attaque, toute en mouvement; ils font la guerre de position comme au dix-huitième siècle et comme nos généraux de 1870; ils cherchent les postes avantageux et y attendent l'ennemi. Or, avec les troupes de première ligne, il s'agit, dans les luttes modernes, de précipiter les chocs, d'aborder l'adversaire et de le culbuter, réservant, pour achever l'action ou pour les actions ultérieures, les troupes de seconde ou de troisième ligne, les réserves. Ce qui a réduit les Russes à la désastreuse guerre de position, ce n'est pas seulement leur enseignement militaire, mais leur peu de préparation. Pour l'agression et pour le mouvement, il ne faut pas des bandes ramassées rapidement, sans cohésion suffisante, mais une armée si une qu'elle ne paraisse que comme une seule force, et presque comme un seul homme. Dans les batailles, il est pareillement nécessaire de tout prévoir. Napoléon, d'avance, se rendait compte des forces et des projets de l'ennemi. Il semblait avoir assisté au conseil de ceux qui se tenaient en face de lui. Rien de plus lucide et de plus vigoureux que le livre militaire de M. Pierre Baudin.
E. Ledrain.

Ont paru:

La Vie à Paris, 1904, par Jules Claretie. 1 vol. in-18, Fasquelle, 3 fr. 50.--La Faillite du Bèce, par Poinsot et Normandy. 1 vol. in-18. Fasquelle, 3 fr. 50.--Suzannah, par Valentin Maudelstamm. 1 vol. in-18, Fasquelle, 3 Fr. 50.--Dans la paix des campagnes, par Maurice Montégut. 1 vol. in-18, Ollendorff, 3 fr. 50.--Réflexions sur l'escrime en général, par H. Hissaid. 1 vol., A. Maloine, 1 fr. 50.--Manuel de Ski, par le docteur W. Paulke, traduction par F. Achard. 1 vol., Berger-Levrault. 2 fr. 50.--La Marine russe dans la guerre russo-japonaise, par le capitaine M.-L. Clado, traduction par René Marchand. 1 vol. in-12, Berger-Levrault, 3 fr. 50.--L'Eupanto-phone, roman scientifique, par Henri Austroy. 1 vol in-18, Flammarion, 3 fr. 50.--La Cour et le règne de Paul 1er, par le comte Fedor Golovkine. 1 vol. in-8º, Plon-Nourrit et Cie. 7 fr. 50.--Micheline Brémont, par Félix Marigot. 1 vol., Victor Havard et Cie, 3 fr. 50.--Les Trois Demoiselles, par Georges de Peyrebrune. 1 vol., Félix Juven, 3 fr. 50.--Au Siam, journal de voyage de M. et de Mme Emile Jottrand. 1 vol. in-16, Plon-Nourrit Cie, 4 fr. La traduction des Sonnets portugais d'Elisabeth Browning, dont nous avons annoncé la publication chez Guilmoto, est de M. Fernand Henry, qui avait déjà traduit en vers français les Sonnets de Shakespeare et les Rubdiyât d'Omar Kheyyâm, le poète astronome de la Perse.

Les deux interprètes de Miss Helyett: Mlle Biana Duhamel
qui créa le rôle en 1890 et Mlle Eve Lavallière qui
vient de le reprendre en 1905.
--Phot. Paul Boyer.

LES THÉÂTRES