Légitimes ou non, les griefs des protestataires visent un savant d'une valeur incontestée. Ancien élève de l'École polytechnique où il devint répétiteur, M. Gariel a droit tout ensemble aux titres d'ingénieur en chef des ponts et chaussées et de docteur en médecine; il appartient à l'Académie de médecine depuis vingt-deux ans et il y en a dix-huit qu'il occupe la chaire de physique à la Faculté. Il compte à son actif, outre d'importants travaux personnels, la publication des oeuvres de Léon Foucault. Mérite-t-il sa réputation de rigueur excessive? En tout cas, il ne serait pas étonnant qu'un homme qui a passé avec succès tant et de si rudes examens divers se montrât, maintenant qu'il en fait subir aux autres, quelque peu difficile sur les aptitudes et les capacités indispensables à ses yeux pour l'obtention d'un diplôme sérieux.
EDOUARD VII EN FRANCE
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Le roi Edouard VII, arrivé par le paquebot "Queen", débarque à Calais. |
M. Loubet et sir Francis Bertie, ambassadeur d'Angleterre, attendent le roi à Pierrefitte. |
A la gare de Lyon; le roi et le président prennent congé
l'un de l'autre.
Le passage d'Édouard VII en France, pour aller rejoindre à Marseille la reine Alexandra, a été un des événements les plus marquants de la semaine dernière. Ce nouveau témoignage de l'«entente cordiale» empruntait aux circonstances actuelles une importance particulière, qu'a soulignée, d'une façon significative, l'entrevue ménagée entre le souverain anglais et le président de la République.
Le jeudi 6 avril, le roi, venant de Douvres, avec sa suite, sur le paquebot The Queen, mis entièrement à sa disposition, débarquait vers une heure et demie de l'après-midi à Calais, où il était reçu par MM. Hennon, président de la Chambre de commerce, et Fayton, consul d'Angleterre, et salué par les acclamations de la foule, aux abords de la gare maritime pavoisée aux couleurs des deux nations; il portait un pardessus de drap foncé et un chapeau de feutre noir. Après une heure consacrée à un lunch privé et à l'installation des voyageurs, s'effectuait le départ du train, composé de la voiture personnelle de Sa Majesté et de trois wagons-salons de la Compagnie du Nord.
A Marseille: le roi va s'embarquer sur le "Victoria-and-Albert"
Il ne s'arrêta qu'un peu avant six heures, à Pierrefitte, petite station précédant Saint Denis. Le train présidentiel l'y avait précédé d'un quart d'heure environ, amenant de Paris M. Loubet, accompagné du général Dubois, chef de sa maison militaire, de M. Lépine, préfet de police, de sir Francis Bertie, ambassadeur d'Angleterre, et de M. Lister, premier secrétaire de l'ambassade.