L'invention américaine des tramways-arrosoirs devait nécessairement y trouver une application pratique.
On a construit à cet effet des wagons spéciaux. Sur des wagons-plates-formes ordinaires ont été adaptés des réservoirs de la capacité de trente mètre» cubes environ chacun. Le long du parcours sur les rails, ces réservoirs sont vidés au moyen de tubes perforés, disposés en éventail à l'avant et à l'arrière des wagons et tournés obliquement, sur les deux côtés, vers la droite et vers la gauche. Dans l'intérieur des réservoirs, l'eau subit une pression de quatre atmosphères, ce qui a pour but d'élargir le rayon d'arrosage, tout en diminuant la dépense en liquide.
A l'avant et à l'arrière des wagons (afin de pouvoir manoeuvrer en tous sens) sont ménagées deux terrasses où se tient le personnel de service. Au moment de la mise en marche, le conducteur lance son véhicule comme un simple wagon à voyageurs; à sa gauche et à sa droite prennent place, sur la terrasse, les deux arroseurs qui règlent la distribution d'eau selon les parcours et selon la largeur des voies; l'éventail de projection des eaux peut être élargi ou resserré à volonté, et la distance des jets de pluie réglée à quelques centimètres près.
L'arrosage d'une ville de six cent mille habitants est ainsi assuré en moins d'une heure.
Pour voir fonctionner ce curieux système il faut se lever de bon matin, car les «arrosoirs électriques» cèdent la place dès cinq heures au service des voyageurs.
La cure des «jaunes».
Ceci n'a rien à faire avec l'Extrême-Orient: les jaunes dont il s'agit sont ceux que nous donnent les oeufs de poule. Et, s'il faut en croire un médecin américain, M. Stein, les jaunes d'oeufs ont devant eux un bel avenir, en tant que constituant l'aliment par excellence du mal nourri et de tous ceux qui pour une cause ou pour une autre, ont besoin d'être suralimentés. Le jaune d'oeuf, on le sait, est très riche en matières azotées, très riche encore en matières grasses. C'est un aliment presque complet. Mais ses bienfaits varient selon la manière dont on en fait usage.
Le véhicule dans lequel on l'administre a son importance. Pour certains sujets, il faut le faire absorber avec du lait, du café ou du thé; pour d'autres, avec du bouillon, ou un potage. Chez le tuberculeux, le jaune d'oeuf doit être donné en abondance, par surcroît, comme matière grasse en plus du régime ordinaire. Et, si le malade ne gagne pas du poids, il faut changer de méthode d'administration; c'est que la substance dans laquelle on donne les jaunes ne s'assimile pas: il faut chercher une autre combinaison et procéder par tâtonnements jusqu'à ce que l'on ait mis la main sur le véhicule convenable. Il convient de remarquer que l'absorption du jaune ne facilite pas celle des matières grasses en général, d'où le conseil donné par M. Stein de supprimer les corps gras de l'alimentation chez les sujets qui s'assimilent bien le jaune et de les remplacer par des farines. Plus tard, quand cela va mieux, on peut introduire d'autres corps gras dans l'alimentation, par exemple en faisant alterner les menus; un jour, ce sont les jaunes seuls qui fournissent la graisse; le lendemain, ce sont les aliments gras ordinaires, et ainsi de suite. La quantité de jaunes qu'on peut absorber est considérable: un tuberculeux pesant 50 kilos au lieu de 64 kilos doit prendre jusqu'à 15 jaunes dans sa journée, dans du lait, dans du café, dans un potage, dans une bouillie, en grog enfin. Telle est la «cure des jaunes» qui a certainement pour elle des raisons solides et scientifiques.
Les dangers du chatouillement.
On raconte que Barbe-Bleue tuait parfois les épouses ayant cessé de plaire en les chatouillant.