Ceci est peut-être une légende. En tout cas, Barbe-Bleue en est une, et ce n'est pas là qu'il faut aller chercher des documents scientifiques. Mais, si le chatouillement ne tue pas--ce dont on ne sait rien, d'ailleurs, personne n'ayant fait l'expérience--il est certain que, d'après les faits que M. Charles Féré a récemment présentés à la Société de Biologie, le chatouillement peut faire beaucoup de mal. Il peut favoriser l'apparition de l'épilepsie: un petit garçon est devenu épileptique à la suite d'un chatouillement peu prolongé des aisselles. Une jeune fille, encore, est devenue choréique dans les mêmes conditions.

Dans d'autres cas, le mal a été moins grave: les sujets sont devenus neurasthéniques.

D'autres observateurs ont signalé des accidents d'un autre ordre: on a vu se développer des troubles cardiaques. Il n'y a pas à être très surpris du contre-coup grave que peut avoir le chatouillement. L'irritation cutanée peut bien, semble-t-il, exercer des actions à distance aussi vives que l'irritation des fosses nasales, de l'intestin, du conduit auditif, etc., par des parasites. Aussi faut-il considérer le chatouillement comme un amusement qui peut avoir des conséquences funestes: un amusement à proscrire.

Les feuilles d'aluminium comme papier.

La légèreté et le bas prix de l'aluminium désignaient ce métal à de nombreux emplois jusqu'à présent interdits aux métaux; et tout d'abord on s'en servit comme de carton.

Nous avons eu, ces années dernières, des cartes de visite et des cartes-réclames en aluminium. Mais, bientôt, on réussissait à diminuer encore l'épaisseur de la feuille et, maintenant, le nouveau métal se présente au commerce en lames aussi fines et aussi légères que le plus fin des papiers.

Avec 33 grammes d'aluminium, on a réussi à laminer des feuilles d'un mètre carré. Comme il semble que l'emploi des feuilles d'aluminium pour la conservation des substances alimentaires soit à la veille de se substituer à l'emploi des feuilles d'étain, dites vulgairement papier d'argent, il était indispensable de savoir si ces nouvelles feuilles ne contenaient ni arsenic, ni autres métaux toxiques.

Sous ce rapport, l'analyse chimique faite par M. Ogier a été tout à fait rassurante. On n'y trouve, associés en très faibles proportions à l'aluminium, que du calcium, un peu de fer et des traces de cuivre.

Mais, à côté des feuilles métalliques, on emploie aussi des papiers métallisés, qui nous viennent d'Allemagne. Dans ces papiers, on trouve, comme principales impuretés, le charbon et l'alumine. Le danger en est donc nul.

Le prix des feuilles d'aluminium, ayant un centième de millimètre d'épaisseur, est de 7 francs le kilo, avec un minimum de 30 mètres carrés au kilogramme.