Deux familles modèles: le repas d'une heure.

UNE MUTINERIE D'ÉTUDIANTS ALLEMANDS

Charlottenbourg. Phot. Berliner Ill. Ges.

Partout, la jeunesse scolaire est sujette à des accès plus ou moins aigus d'une fièvre spéciale qu'on pourrait appeler la fièvre de l'indépendance; l'Allemagne elle-même, ce pays de discipline, ne jouit point à cet égard d'un privilège d'exception. C'est ainsi que, dernièrement, une mutinerie éclatait à l'École polytechnique de Charlottenbourg, l'importante cité industrielle qui confine à Berlin comme un vaste faubourg. Depuis quelque temps, les rapports étaient tendus entre la direction de l'École et le comité de l'Association des étudiants auquel on concédait, pour ses réunions, l'usage d'une certaine salle de l'établissement. Le retrait de cette faveur fut décidé; mais, le comité n'ayant tenu aucun compte des avertissements du proviseur, la salle dut être fermée par ordre supérieur: d'où grande irritation et protestations tumultueuses des étudiants. Ceux-ci, au nombre de plusieurs centaines, se formèrent en colonne, puis parcoururent la ville, arborant les divers attributs de leurs études, chantant à tue-tête et conspuant avec véhémence les autorités responsables. En somme, une de ces manifestations bruyantes où l'indignation des protestataires ne va pas sans une gaieté toute juvénile.

LE MONUMENT DE VICTOR HUGO, A ROME

INAUGURATION A ROME DU MONUMENT DE VICTOR HUGO.--Phot. Le Lieure.

On a inauguré, samedi dernier, à Rome, la statue de Victor Hugo, oeuvre de Lucien Pallez, offerte à la Ville Eternelle par la Ligue franco-italienne et érigée dans les jardins de la villa Umberto (ancienne villa Borghèse). La cérémonie, dans un cadre admirable de verdure printanière, au milieu d'une foule considérable qui, malgré les carabiniers et les cordons de troupe, avait envahi les jardins Umberto, a été d'un pittoresque charmant. Elle a emprunté, surtout, un éclat tout particulier à la présence du roi d'Italie, qui avait tenu à donner à la Ligue franco-italienne cette marque de haute bienveillance de venir présider la manifestation organisée par elle. Au pied du monument, des discours ont été prononcés par M. Barrère, M. Bianchi, ministre de l'instruction publique en Italie, M. Rivet, qui a fait remise du monument à la ville de Rome. Enfin, M. Frédéric Febvre a «dit» une tort belle allocution de M. Jules Claretie.