Le Kronprinz photographiant UN MATCH ANGLO-ALLEMAND DE FOOTBALL, A BERLIN, EN PRÉSENCE DU KRONPRINZ.
Comme la plupart des jeunes gens de sa génération, le prince impérial d'Allemagne a un goût très prononcé pour tous les sports; quand il n'y participe pas activement, il assiste volontiers en spectateur passionné à quelque intéressante réunion. Récemment, un match international de football était engagé entre les clubs Civil-Service, de Londres, et Germania, de Berlin: il eut lieu au Berlin-Tempelhof, et le prince Frédéric-Guillaume tint à être témoin de ce gros événement sportif. Ce fut donc sous ses yeux que se livra le combat opiniâtre où les concurrents, dont la présence d'un tel personnage stimulait l'ardeur, se disputèrent la victoire. Sans doute regrettait-il sa grandeur qui l'attachait au rivage, c'est-à-dire le retenait derrière la barrière du champs clos: en revanche, l'étiquette ne lui défendait pas l'usage de l'appareil photographique, bagage désormais consacré de tout pratiquant de la vie en plein air, quels que soient sa condition et son rang.
FAUT-IL RESTAURER LE PARTHÉNON?
Le temple de l'Erechthéion, avant la remise en état.
La question qui a fait assurément le plus de bruit parmi celles que le congrès archéologique d'Athènes a discutées le mois dernier est celle de la restauration du Parthénon. Doit-on restaurer le Parthénon? Et jusqu'à quel point? Ce n'est pas ici le lieu d'étudier ex professo ce problème à la fois artistique et archéologique, mais nous voudrions au moins faire comprendre par un exemple comment il se pose. Personne ne songe à reconstruire le Parthénon, mais les uns voudraient en laisser les ruines dans la majesté de l'abandon tandis que d'autres sont d'avis de veiller activement à leur conservation. Sans méconnaître la poésie des ruines, chère à Chateaubriand et Lamartine, on peut admettre--et l'on admet en général--qu'il n'y a aucune impiété à entourer de soins protecteurs ce qui nous reste du passé. Mais dans quelle mesure? Faut-il «réparer du temps l'irréparable outrage» ou simplement retarder la marche fatale de l'irrésistible oeuvre de destruction?
A Athènes, on est pour l'intervention. On travaille aux monuments de l'Acropole et, tout en se défendant de vouloir les restaurer au sens littéral du mot, on a l'ambition de relever toutes les ruines écroulées dont les débris sont restés sur le sol et possibles à reconstituer. Le principe adopté est celui-ci: il faut remettre en place et restituer tout ce qui a été détruit par accident. C'est ainsi qu'on a reconstitué, il y a déjà quelques années, le petit temple de la Victoire Aptère, situé en avant des Propylées, que les Turcs avaient démoli pour installer une batterie sur ses déblais.
Le temple de l'Erechthéion, après la remise en état.