Coeur-de-moineau, la nouvelle pièce de l'Athénée, va certainement faire reprendre à cet heureux théâtre la série à peine interrompue de ses succès. Nous le constatons avec d'autant plus de plaisir que la comédie de M. Artus, hardiment gauloise quant au sujet, reste littéraire dans la forme et que les mots d'esprit y jaillissent réellement des situations, c'est-à-dire de leur source naturelle. Le moineau, on le devine, c'est un Don Juan en jaquette, amoureux de toutes les femmes et les trompant toutes avec une belle Inconscience jusqu'au moment où l'amour le prend sérieusement au coeur. M. Brûlé joue avec beaucoup de bonne grâce et de tact ce rôle difficile, entouré de charmantes «moinelles», Mmes Diéterle, Duluc, Bignon, etc., et d'un excellent compère mondain, M. Bullier.

LE SABRE D'HONNEUR DE STOESSEL

Nous avons entretenu déjà nos lecteurs de la souscription ouverte par notre confrère l'Echo de Paris afin d'offrir, au nom des Français, au général Stoessel, un sabre d'honneur, et, aux défenseurs de Port-Arthur, un souvenir.

Le sabre du général Stoessel, par Falize, figure en ce moment au Salon des Artistes français, où, comme on peut le penser, il est fort admiré.

La poignée en est formée d'une fusée d'ivoire avec résille d'or et de rubis. Au centre, dans un médaillon oblong, se détache un Saint Georges d'or et d'émail, auquel fait pendant, au revers, le monogramme

du général, exécuté en émaux translucides sur or. Au sommet, l'aigle éployé des armoiries russes. Ces trois appliques sent bordées de brillants. Sur les flancs de la poignée, on lit: Dieu protège les braves et Hommage des Français.

Le pommeau est formé d'une aigue-marine, pierre qui symbolise la mer, entourée de vingt-six brillants correspondant aux vingt-six forts de Port-Arthur. Dans la gorge, un décor de seize rubis cabochons.

Sur la garde s'enlacent les palmes et le laurier, liés par un ruban où s'inscrit la devise Honneur et Patrie. La bague, au-dessous, porte ce mot: Port-Arthur, en lettres d'émaux champlevés translucides, parmi lesquelles court, sur le fond d'or, une brindille de laurier.

Enfin, sur la lame d'acier trempé, on a inscrit la dédicace: Au général Stoessel, défenseur de Port-Arthur, 1904 1905. Souscription de l'«Echo de Paris». Et la croix de Saint-Georges pend à la dragonne.