La mission diplomatique allemande a quitté Tanger le 2 mai, escortée d'une trentaine de cavaliers indigènes, sous la conduite d'un caïd, pour se rendre à Fez, effectuant complètement le trajet par terre. Le comte Tattenbach, porteur d'une lettre autographe de l'empereur Guillaume pour le sultan, est accompagné de la comtesse, du général Schenk, récemment promu, du commandant Sender et du capitaine Kleist.
M. Goluchowski. M. Tittoni
L'entrevue de Venise: le comte Goluchowski et M. Tittoni à l'Exposition internationale d'Art.
Phot. A. Tivoli.
L'ENTREVUE DE VENISE
M. Tittoni, ministre des affaires étrangères italien, et le comte Goluchowski, ministre des affaires étrangères autrichien, se sont rencontrés à Venise, le 29 avril. Ils y passèrent une journée ensemble, visitèrent l'Exposition internationale d'Art, eurent des entretiens cordiaux, en présence du duc d'Avara, ambassadeur d'Italie à Vienne et du comte Lützow, ambassadeur d'Autriche-Hongrie à Rome; enfin M. Tittoni offrit, en l'honneur du comte Goluchowski, un dîner de vingt-deux couverts, où des toasts non moins cordiaux furent échangés.
Le ministre de Victor-Emmanuel avait fait, en avril 1904, à Abbazia, une visite au ministre de François Joseph; son éminent collègue la lui rendait: rien de plus naturel. Mais peut-on jamais considérer l'entrevue de deux hommes d'État, de deux hauts diplomates, comme un simple acte de courtoisie? Le but réel de celle-ci, assurent les gens bien informés, était de dissiper des malentendus entre les deux puissances.
BALLES ET ÉCLATS D'OBUS EXTRAITS DU CORPS DES BLESSÉS A L'HOPITAL JAPONAIS DE MATSUYAMA.
Photographie de notre correspondant J.-C. Balet.
Notre correspondant, qui a pu visiter les hôpitaux japonais où sont soignés les blessés des deux armées, évacués de Mandchourie, a photographié de nombreuses vitrines semblables. Nous n'en reproduisons qu'une: elle contient pourtant à elle seule une variété déjà grande des projectiles que les chirurgiens nippons ont retirés des membres confiés à leurs soins. Ces informes morceaux de métal, soigneusement étiquetés, ne sont pas très effrayants à première vue: mais que l'on songe aux affreuses blessures que chacun d'eux a faites, à la somme de souffrances qu'ils représentent, et l'on ne pourra plus les regarder sans un frisson d'horreur.