Pour celle qu'on attend sont jolis désormais.

En vain l'avril renaît et les fleurs sont écloses,

En vain l'on vient d'ouvrir toutes les portes closes.

Car celle qu'on attend ne reviendra jamais.

Nous sommes tellement fatigués des outrances de mots et de couleurs et des banalités ambiantes que nous allons, tout charmés, vers cette poésie fendre, vers ces vers à trumeaux, si élégants et si vifs dans leur mièvrerie. Avec maestria, M. Magnien agite les jolies dentelles et nous fait respirer les parfums des sachets de la Reine et des marquises.

La Lande fleurie.

C'est dans la lande fleurie de Josselin, et non à Versailles, que nous conduit Mme la duchesse de Rohan. Elle nous enchante parce qu'elle porte en elle de la vieille France, par ce sentiment chrétien, cet amour des faibles, cette humanité toute naturelle dont témoignent ses vers. Ne détestant personne, prête à s'attendrir sur toutes les misères, elle plane au-dessus de nos luttes mesquines. Dans la solitude où elle passe une partie de l'année son âme se remplit de songes; elle sent davantage l'heure qui s'écoule; elle entend ce bruit insensible du sablier que nous ne percevons pas au milieu du tumulte de Paris. Dans une jolie pièce; l'Automne, elle nous dit jusqu'à quel point elle désirerait arrêter la clepsydre du temps:

Automne aux jours si beaux, malgré les feuilles mortes.

Saison aux tons pourprés

Reste encore près de nous, et de tes senteurs fortes