Le pavillon de Marsan, au Louvre, affecté au musée des Arts décoratifs..


Les salles d'exposition ouvertes sur le hall central.

Salle de l'art gothique.

L'Union centrale a dépensé en travaux près de deux millions. Elle a apporté au pavillon de Marsan ses collections admirables et vient de doter Paris d'un musée dont il pourra justement être fier. Mais, de son côté, elle devra une gratitude infinie à M. Redon, l'éminent architecte du Louvre, qui a dépensé des trésors d'ingéniosité et de talent pour adapter à sa destination nouvelle un monument construit d'abord à une tout autre fin.

M. Gaston Redon,
architecte du Louvre.

Phot. Braun, Clément et Cie.

Le pavillon de Marsan était primitivement destiné à la Cour des comptes. Lefuel, son architecte, s'était efforcé de le concevoir à la fois décoratif et habitable. Autour d'un spacieux vestibule qu'encombrait aux deux tiers un escalier trop monumental, il avait disposé sur quatre étages de petites alvéoles pour les conseillers et les bureaucrates, leurs collaborateurs. M. Redon a démoli le grand escalier, supprimé un étage de petits bureaux. Du vestibule, vaste nef de style néo-grec, qu'il a décoré avec un goût sobre et sûr, il a l'air un hall de très grand air, lumineux, gai, où s'arrangeront à merveille les expositions temporaires. Et surtout, par le moyen de sortes de jubés coupant les hautes arcades, au pourtour, il a masqué, avec un art consommé, la criante dissymétrie qui existait entre les deux parties du pavillon, l'une en façade sur la rue de Rivoli et se raccordant, avec ses hautes baies cintrées, avec le décor de la façade du ministère des finances, l'autre s'harmonisant avec l'architecture des Tuileries.

Sur cette élégante nef débouchent, aux trois étages, les salles d'exposition, parmi lesquelles nous mentionnerons, en passant, la salle d'art moderne, celle des arts de l'Orient, de l'art gothique, de la Renaissance, des étoffes, et la salle, donnant sur le Carrousel, où est installée la collection fameuse de ferronnerie de M. Le Secq des Tournelles, généreusement prêtée par le collectionneur à l'Union.

Une des salles du XVIIIe siècle.

Et voilà réalisé ce musée dont rêvait depuis si longtemps l'Union centrale des Arts décoratifs et que son dévoué président, M. Georges Berger, définissait si heureusement «le temple consacré au génie artistique de notre race et à son ingéniosité sans rivale dans les applications du bel art à l'industrie, considérée dans l'universalité de ses productions, depuis les plus magnifiques jusqu'à celles d'un charme usuel».