Une ruade de "Flying Fox". Photographies Tresca.

Gouvernant. Caïus. Adam.
Val-d'Or. Jardy. Génial.
Un lot de pur sang qui vaut environ trois millions de francs.

Depuis vingt-cinq ans, M. Blanc s'occupait avec passion d'élevage et de courses. Déjà, il avait acheté aux Anglais deux reproducteurs de marque. Energy, payé 150.000 francs, était mort après trois saisons de monte, lui donnant une belle lignée: Révérend (père de Caïus), Gouverneur, Rueil, Lagrange, etc., Winkfleld's Pride, acheté plus tard 160.000 francs, lui réservait Quo Vadis, qui devait avoir la chance de gagner le Grand Prix sur meilleurs que lui. Mais M. Edmond Blanc ambitionnait la possession d'un étalon tel que ses produits puissent, de façon certaine et définitive, assurer à la casaque orange une constante suprématie sur le turf français. Cet étalon prestigieux, n'était-ce pas Flying Fox?... Au premier rang des compétiteurs, près de M. Edmond Blanc, figurait le prince de Galles, devenu depuis Edouard VII. Lui aussi, il convoitait Flying Fox pour son haras de Sandringham. Les enchères montèrent: 800.000! 850.000! 900.000! A 900.000, le prince de Galles se tourna vers son entraîneur Porter:

--C'est trop cher maintenant! murmura-t-il.

--Non, Altesse, pas trop cher encore! souffla Porter qui connaissait la vraie valeur du jeune crack.

Malgré cet avis discret, le futur roi d'Angleterre ne persévéra point. M. Blanc, plus tenace, surenchérit contre M. Jahan et l'éleveur américain M. Withney, jusqu'à 984.370 francs, prix auquel lui fut adjugé Flying Fox.

M. Edmond Blanc sur son poney. Les écuries de La Fouineuse.