--Sire, n'ayez pas peur de ce peuple-ci. Faites comme tous les étrangers qui se sont approchés de lui. Aimez-le. La France est un pays que les révolutions amusent, mais qui a l'amour de l'ordre et de la beauté. Et, comme il y a beaucoup d'ordre et beaucoup de beauté dans les traditions dont ce peuple a toujours vécu, il demeure orgueilleux--malgré lui--de son passé et de l'histoire dont il est sorti. Il ne veut plus aller à la messe, mais il aime ses cathédrales; il ne veut plus aller au régiment, mais il acclame le drapeau qui passe; il dit du mal des rois, mais il n'y a pas une ville au monde où les rois en promenade soient plus amoureusement choyés qu'à Paris...
Et le jeune roi continuera de ne pas comprendre; mais pourquoi comprendrait-il? De plus vieux que lui ne comprennent pas.
Sonia.
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Buste de saint Louis (XIV siècle) en bois sculpté plaqué d'argent, surmontant un reliquaire. |
Les grandes reliques: la couronne, un clou et un morceau de la sainte croix, enfermés dans des reliquaires de cristal et d'or fixés sur un crucifix d'olivier. |
LES PIÈCES PRINCIPALES DU TRESOR DE NOTRE-DAME DE PARIS PRÉSENTÉES A S. M. ALPHONSE XIII.
ALPHONSE XIII A NOTRE-DAME
Alphonse XIII, «Majesté Catholique», ne pouvait venir à Paris sans visiter Notre-Dame, où, avant lui, s'était arrêté le tsar, souverain d'un pays schismatique, chef même d'une religion schismatique.
L'accueil qui a été fait mardi au jeune souverain par le vénérable cardinal-archevêque de Paris, à la tête de tout le chapitre en habits de choeur, a été d'une imposante solennité.
La basilique est toute remplie des souvenirs des rois de France, ancêtres lointains du roi d'Espagne, et M. l'abbé Pousset, archiprêtre de Notre-Dame, qui était, aux côtés du cardinal Richard, le cicerone désigné d'Alphonse XIII, les évoquait à chaque pas.
Parmi les richesses du trésor de Notre-Dame sur lesquelles on a plus particulièrement attiré l'attention du roi, il est des reliques qu'à l'occasion de cette auguste visite on avait exposées comme aux jours des plus grandes fêtes, où elles sont offertes à la vénération des fidèles. Ce sont les reliques de la Passion, celles qu'on appelle les «grandes reliques», et une relique de saint Louis, aïeul d'Alphonse XIII.
C'est dans le petit choeur, à la chapelle qui occupe l'extrémité de l'abside et qu'éclairent de belles verrières, qu'Alphonse XIII a pu leur rendre ses dévotions.