Bien qu'il n'eût aucun bagage littéraire, le duc d'Audiffret-Pasquier appartenait, depuis 1878, à l'Académie française, où il hérita du fauteuil de Mgr Dupanloup; suivant une de ses traditions, la Compagnie avait voulu surtout honorer en lui l'éloquence parlementaire.

Documents et Informations

Un record électoral.

Ce record assez curieux, c'est assurément en France une commune du Gard qui le détient, d'après les renseignements précis que nous adresse un de nos correspondants. En effet, dans l'espace d'un an, du 1er mai 1904 au 14 mai 1905, à Quissac, chef-lieu de canton de l'arrondissement du Vigan, il n'y a pas eu moins de sept élections: 1° le 1er mai 1904, élection du conseil municipal; 2° le 1er août, élection d'un conseiller d'arrondissement; 3° le 23 octobre, élection d'un conseiller général; 4º le 20 novembre, nouvelle élection d'un conseiller d'arrondissement, par suite de démission; 5° le 11 décembre, élections complémentaires au conseil municipal, pour le remplacement de 7 démissionnaires; 6° le 5 février 1905, même opération pour la même cause; 7° le 14 mai 1905, élections municipales nécessitées par la dissolution du conseil.

Les électeurs de Quissac, on le voit, n'ont guère chômé, et cette fréquence des consultations du suffrage universel n'est peut-être pas l'indice d'un parfait accord entre les divers éléments d'une population que divise notamment la question religieuse (elle compte un tiers de catholiques et deux tiers de protestants). Or, étant donné qu'il s'agit d'une localité de ce Midi où les passions politiques sont vives et les têtes chaudes, la seule mention d'une pareille série de scrutins évoque tout d'abord l'image de scènes violentes: désordres, bagarres, urnes renversées, bulletins lacérés, invectives réciproques, pugilats, intervention de la gendarmerie, procès-verbaux dressés. Eh bien, fait à noter, pendant la période agitée qu'elle vient de traverser, la petite ville provençale ne connut pas ces déplorables incidents; malgré les divergences d'opinions, le devoir civique s'y accomplit avec une parfaite dignité et, du sage esprit de tolérance qui règne à Quissac, on ne saurait donner une preuve plus concluante que ce détail typique: les jours de vote, les partisans des candidats opposés «font la manille» ensemble!

Etudiants et docteurs en médecine.

La nouvelle loi militaire ralentira-t-elle le mouvement qui porte les jeunes gens vers les études médicales? La chose est probable et souhaitable.

En attendant, le nombre des diplômes de docteur délivrés en 1903-1904 a été de 1.143, supérieur de 27 au nombre de l'année précédente; et celui des élèves inscrits au P. C. N. va toujours en augmentant. En 1905, il atteint le chiffre 1.692, le plus élevé qui ait été noté depuis l'application des nouveaux programmes.

Il faut cependant remarquer que le nombre des étudiants en médecine s'est abaissé d'un millier, dans l'espace des dix dernières années: de 7.779 en 1895, il n'est plus, cette année, que de 6.763.

Malheureusement, le nombre des étudiants étrangers a également diminué de moitié, tombant, dans le même intervalle, de 1.137 à 613.