Le monde parisien, d'ailleurs, à son ordinaire, n'a attendu ni la Fête des Fleurs, ni la date officielle du calendrier pour inaugurer la saison d'été. Dès la dernière semaine de mai, ce n'étaient que réunions et divertissements en plein air; le jour même de l'arrivée du roi d'Espagne, le maître peintre Chartran et Mme Chartran donnaient, dans leur villa de Neuilly, une garden party merveilleusement organisée, où, sous les ombrages du jardin, devant un coquet théâtre de verdure, une nombreuse et brillante assistance goûta un plaisir d'autant plus délicat qu'elle coopérait à une oeuvre de bienfaisance.

Et le monde sportif, lui aussi, célèbre de mainte façon le retour de l'été; ses exercices, ses jeux s'égayent d'amusantes fantaisies, tel, au Polo de Bagatelle, le gymkhana, auquel prennent part les dames, et dont une curieuse figure consiste à crever d'un coup de lance, en passant en automobile, un inoffensif animal en baudruche.

La disparition des campagnols.

L'invasion d'un grand nombre de nos départements par les campagnols avait vivement ému les agriculteurs, et la lutte contre les terribles rongeurs s'était partout organisée par des moyens variés qui, tous, avaient donné d'assez médiocres résultats.

Mais voici que l'on signale la disparition de l'ennemi dans les départements des Deux-Sèvres, de la Vienne, de la Charente, de la Charente Inférieure et de la Haute-Marne. Et cette disparition est toute spontanée. Elle est l'aboutissant naturel de l'évolution sociale, pourrait-on dire, des invasions des rongeurs, qui passe toujours par ces trois phases: période de multiplication, période de pullulation, période de disparition, cette dernière s'opérant rapidement.

Les criquets disparaissent aussi de cette façon. La cause directe de cette disparition semble être une maladie microbienne qui se répand d'autant plus facilement que les campagnols dévorent leurs congénères malades.

Mais le développement de cette maladie est lui-même la conséquence du manque de nourriture et de l'état d'étiolement des campagnols.

En émigrant du sud vers le nord, les campagnols ont rencontré des terrains granitiques et froids--notamment ceux de la Câline et du Bocage, dans les Deux-Sèvres--et, étant très nombreux, ils sont vite devenus la proie de la famine.

Les photographies de l'Edelspitze.

Plusieurs de nos lecteurs nous ont demandé de qui étaient les belles photographies sur l'Edelspitze qui ont paru dans notre numéro du 20 mai dernier. Elles ont été prises par un photographe qui est en même temps un alpiniste audacieux, M. J.-E. Kern, de Genève.