Il a débuté comme organiste à Bennes (1866), puis il vint à Paris où, après divers postes, il fut nommé à la Madeleine (1896). M. Fauré, que l'on appelle souvent «le Schumann français», est l'auteur de mélodies délicates, telles que les Berceaux, les Poses d'Ispahan, le recueil de la Bonne chanson (sur des vers de Verlaine), qui ont fait sa réputation. Sa musique de piano, sa musique de chambre, son Requiem d'une conception très moderne, sa suite d'orchestre pour Pellêas et Mélisande, son Prométhée, son Shylock, sont d'une rare originalité.
La caractéristique du grand talent de M. Gabriel Fauré, c'est une technique très simple; il arrive à noter l'impalpable avec une extraordinaire précision. Debussy ne s'expliquerait guère si M. Gabriel Fauré n'existait pas.
M. Gabriel Fauré est, en outre, le critique musical du Figaro où son savoir élégant, sans pédanterie, lui a conquis tous les suffrages. L. S.
L'ASSASSINAT DE M. DELYANNIS
Le président du conseil des ministres de Grèce, M. Delyannis, a été assassiné, le 13 juin, au moment où il entrait à la Chambre, par un nommé Ghera Karis, joueur de profession, qui l'a frappé d'un coup de
M. Delyannis.
--Phot. Rhomaïdès. couteau, pour se venger, a-t-il dit, des mesures rigoureuses prises récemment contre les maisons de jeu.
M. Théodore Delyannis était âgé de soixante-dix-neuf ans; il avait commencé sa carrière politique en 1862, sous le gouvernement provisoire, après la chute du roi Othon. Successivement ministre des affaires étrangères, de l'intérieur, de l'instruction publique, plénipotentiaire au congrès de Berlin, il occupa plusieurs fois la présidence du conseil, qu'il reprenait, il y a un an, avec le portefeuille de l'intérieur.
La mort tragique du vénérable homme d'État, activement mêlé depuis quarante-trois ans aux affaires de son pays, a causé une profonde émotion et de vifs regrets. Il avait été ministre de Grèce à Paris, poste actuellement occupé par M. Nicolas Delyannis, son neveu.