A tiennent les taches blanches
de la robe des animaux.

Beaucoup d'animaux blanchissent en hiver et, chez beaucoup d'animaux aussi, on observe des taches blanches qui font un contraste frappant avec la couleur sombre du reste de la fourrure. A quoi tient ceci? Un naturaliste anglais, M. Barret Hamilton, vient d'essayer de résoudre l'énigme. Il observe que le blanchiment du poil accompagne toujours le développement du tissu adipeux, et que les taches blanches se montrent surtout aux endroits où il se fait le plus de graisse. Ce développement des dépôts graisseux serait la manifestation d'une oxydation insuffisante et d'une nutrition ralentie, c'est-à-dire d'une atrophie qui s'étendrait de la peau même au pigment des poils. Comme les taches blanches se montrent aussi en des endroits où il n'y a pas de graisse, il faut admettre que l'atrophie peut se produire par un autre mécanisme: au crâne et ailleurs elle serait due au contact direct de la peau et du squelette. La façon de voir de M. Barret Hamilton explique la calvitie de l'homme; elle explique pourquoi les animaux marins sont d'autant plus glabres que plus gras, et pourquoi les veaux à l'engrais perdent leur poil, etc.

Le «Santos-Dumont XIV».

M. Santos-Dumont dans la nacelle de son nouveau dirigeable. Le "Santos-Dumont-XIV" sur la pelouse du parc
de l'Aéro-Club.

Depuis plusieurs mois, le silence s'était fait autour de M. Santos-Dumont, mais cela n'indiquait pas que le brillant aéronaute fût inactif. Il faisait reconstruire, sur des plans légèrement modifiés, un nouveau dirigeable --le quatorzième--et, au premier jour favorable, nous le verrons de nouveau s'élancer et, sans nul doute, se diriger dans les airs.

Le Santos-Dumont-XIV se distingue des précédents par sa forme beaucoup plus allongée, plus effilée, et par la distance qui sépare l'enveloppe de la nacelle qui porte le moteur, les hélices et le voyageur.

Comment on abîme les chevaux de course.

Personne n'ignore, dans le monde sportif, que beaucoup de personnes peu scrupuleuses n'hésitent pas à faire usage de procédés particuliers pour donner artificiellement aux chevaux de course l'énergie nécessaire à l'obtention de la victoire. Elles droguent et médicamentent ceux-ci de façons variées: c'est le doping, un truquage d'importation américaine. Ce truquage se fait avec des alcaloïdes divers, le plus souvent. On n'attend point de nous l'indication des doses à employer et de la manière de les administrer: mais nous pouvons indiquer les poisons dont les maquignons font le plus souvent usage pour donner aux bêtes une énergie factice. Ce sont surtout la strychnine, la caféine, la cocaïne, l'atropine et le cacodylate de soude. Ces matières sont généralement administrées les unes par la bouche, d'autres en injection, pendant les quelques jours ou heures qui précèdent l'épreuve. Les uns sont des stimulants nerveux; d'autres sont des excitants de la nutrition. Les pauvres bêtes qui ont été traitées sont généralement reconnaissables: elles transpirent beaucoup, elles salivent, elles sont agitées, tremblantes, l'oeil est vague, inexpressif, atone, la démarche est celle du maquignon qui a absorbé quelques petits verres de trop, incertaine, titubante. Ces signes, toutefois, ne peuvent donner la certitude; seule une expertise chimique peut la fournir. La circonstance qui fait du doping une pratique frauduleuse et délictueuse, c'est que le possesseur du cheval cherche à donner à celui-ci les apparences de qualités qu'il ne possède pas réellement. Les courses ont pour but--paraît-il--de permettre une sorte de sélection des individus les mieux doués, de ceux qu'il convient d'employer comme reproducteurs. Or, il est bien évident que, si un amateur achète un cheval sur une victoire qu'il vient de remporter et qui le classe parmi les sujets d'élite, propres à propager une race plus rapide, cet amateur est volé si le cheval ne doit son succès qu'à un artifice médicamenteux. Il est induit en erreur sur la valeur réelle de l'animal. Car celui-ci n'a aucune chance spéciale de donner une progéniture supérieure: en outre, c'est un animal qui sera vite à bout de forces. Les excitants qui lui sont administrés le ruinent: il arrive à la neurasthénie et à la maladie de coeur. Jamais le doping ne donnera de résultats pouvant être, même du plus loin, comparés à ceux de la nutrition rationnelle et de l'entraînement scientifique. Il ne peut que ruiner les chevaux. C'est donc une pratique immorale et inintelligente à la fois.

La croisière du duc d'Orléans.