Phot. James Ricalton. Copyright Underwood and Underwood.
Mine à l'ouest, du fort de Niriousan.
PHOTOGRAPHIES DE L'EXPLOSION DES MINES
Un des systèmes de défense adoptés par les Russes enfermés dans Port-Arthur et qui leur permirent de tenir les Japonais en échec pendant tant de mois fut, sur l'initiative du valeureux et infortuné général Kondratenko, l'installation d'un réseau de mines souterraines qui explosaient au passage des colonnes assiégeantes. Dès que Port-Arthur eut capitulé, les Japonais entrèrent en possession des cartes où était repéré l'emplacement exact des mines intactes--il n'y en avait pas moins de mille dans la zone de la défense--et ils s'empressèrent de les faire éclater. C'est ainsi qu'un de nos correspondants de guerre put les photographier au moment de leur explosion--non sans de graves risques pour ses appareils et pour lui-même. Mais ces instantanés, véritablement uniques, en nous montrant ces effroyables déflagrations, expliquent que des compagnies et même des bataillons entiers de troupes japonaises aient été, d'un seul coup, anéantis en montant à l'assaut.
| Mine placée à 45 mètres au nord du fort de Niriousan. | Mine placée devant la colline de 203 mètres. |
Phot. James Ricalton. Copyright Underwood and Underwood.
Mine placée près du fort d'Anteshan. (Les taches noires sont les débris des caisses de poudre.)
DE LA DÉFENSE TERRESTRE DE PORT-ARTHUR
LE GÉNÉRAL GALLIENI
RETOUR EN FRANCE DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL DE MADAGASCAR.
Gouverneur général de Madagascar depuis neuf ans--c'est la première fois qu'un Français occupe une situation de ce genre aussi longtemps--à la fois organisateur et soldat, pacificateur et conquérant, le général Gallieni, qui vient d'arriver à Paris cette semaine, avait déjà fait ses preuves au Soudan et au Tonkin. Il a réussi, dès les débuts de son administration nouvelle, à étouffer une insurrection qui, sans son énergique autorité, nous eût certainement coûté notre nouvelle possession bien peu de temps après sa douloureuse conquête! Puis, pendant sept ans, grâce à une méthode pour ainsi dire nouvelle dans nos colonies, mais appliquée avec un rare bonheur et un heureux choix tant des circonstances que des collaborateurs appelés à exécuter les idées du maître, ce fut la mise en valeur rationnelle et pratique de ce vaste pays, une fois et demie grand comme la France.