Repos précaire. Les accablés.
LA MISÈRE JUIVE A LODZ
D'après les tableaux du peintre polonais Léopold Pilichowski.
LE CONCOURS CENTRAL HIPPIQUE
Le Concours central hippique, qui s'est tenu la semaine dernière à la galerie des Machines et qui, sans doute, va se renouveler tous les ans, n'est à aucun point de vue une répétition ni une concurrence du concours hippique traditionnel du mois d'avril. A vrai dire, il n'a avec celui-ci rien de commun, pas même le titre. Sa dénomination officielle et seule exacte de «Concours central des animaux reproducteurs des espèces chevaline et asine», en détermine parfaitement la nature et le but. Alors que le concours organisé chaque année, au palais de l'Industrie jadis, au Grand Palais maintenant, a pour objet de faire ressortir la qualité et le dressage des chevaux destinés à la selle ou à la voiture, l'exhibition nouvelle est réservée aux étalons et aux poulinières: encore faut-il qu'ils soient nés en France.
D'autre part, elle admet des animaux de diverses races qui ne pourraient figurer qu'exceptionnellement dans les épreuves du Grand Palais. A côté des pur sang (anglais, arabe ou anglo-arabe), des trotteurs, des demi-sang (anglo-arabe, normand, vendéen, du Centre, etc.), des catégories spéciales étaient ouvertes, à la galerie des Machines, aux races postières et aux races de gros trait (percheronne, ardennaise, bretonne, etc.), et ce n'étaient certes ni les moins nombreuses, ni les moins intéressantes. Il y avait même une petite place pour les ânes et les mulets.
En somme, l'exposition présentait un tableau très fidèle et très complet de la population chevaline de la France, sauf peut-être en ce qui concerne les pur sang anglais, dont la qualité comme le nombre étaient médiocres et qui ne peuvent, en réalité, être appréciés à leur juste valeur que sur l'hippodrome. Elle permettait de juger de la variété et de la richesse des ressources fournies par notre élevage, ressources encore trop peu connues de nous et sur lesquelles peut-être les étrangers étaient mieux édifiés. En 1900, l'Exposition de Vincennes avait déjà pu nous donner confiance. Le concours de juin 1905 aura servi surtout à mettre en lumière nos races de trait: non seulement elles ont conservé leurs qualités originelles, elles les ont développées en y joignant d'autres mérites, alliant à la force et à la puissance dues à leur structure, d'apparence massive, une intensité d'énergie nerveuse et une souplesse d'allures qui les rendent plus résistantes que jamais à la fatigue et leur donnent du même coup une réelle beauté.
Les types les plus divers se rencontraient la semaine dernière à la galerie des Machines, portés presque à leur perfection, déjà admirablement appropriés aux services que peuvent attendre d'eux soit le luxe, soit l'industrie, soit--ce qui est plus essentiel encore--la défense nationale.
Les trois photographies que nous publions de trois des étalons primés donneront bien l'idée de cette diversité d'aspect.
Dans le cheval d'origine orientale, arabe ou anglo-arabe, se maintient toujours cette élégance aristocratique qui attire invinciblement le regard, qui appelle la caresse et qui, d'ailleurs, n'exclut point la vigueur, ni la résistance, au contraire! Notre cavalerie légère en a donné des preuves suffisamment nombreuses, et, à l'occasion, en donnerait de nouvelles encore.
Mais, sous une enveloppe plus grosse, en des membres plus épais, on peut trouver, comme nous l'avons déjà dit, chez nos étalons de trait, une solidité non moins grande et une harmonie des lignes non moins véritable. Vus par groupes surtout, ces percherons, ces bretons, évoquent bien l'idée du coup de collier irrésistible, dans lequel ils entraîneront les masses les plus lourdes.