--L'abbé, mettez le vôtre. Par ce temps-là, vous devriez marquer la pluie... vous n'êtes qu'un baromètre dérangé.
L'abbé se tait, car les rires s'égarent sur sa tête sacrée.
Et la caravane s'écoule lentement par l'escalier de la coupée.
Une heure après, ceux qui la composent reviennent, trempés, naturellement. Ils ont pris, au débarcadère, un tramway, sont allés jusqu'au bout de sa course et ne l'ont pas quitté.
Il est dix heures et demie du soir et il fait encore clair. Quand je dis qu'il fait encore clair, c'est une manière de parler. Ce n'est pas le jour qui dure, c'est le crépuscule, c'est l'heure douteuse, l'heure triste du soir, et cela fait comprendre la couleur des idées norvégiennes. La brume enveloppe tout, ne laissant en valeur que les premiers plans, mais avec une netteté pas encore vue.
«On dirait de la mauvaise peinture», dit quelqu'un assez justement.
Jeudi.--Réveil. A travers le hublot: la pluie... Si vous le permettez, désormais je vous parlerai du temps lorsqu'il ne pleuvra pas, ce sera plus simple. Tout de même, il ne faut pas oublier que nous sommes venus ici pour voir Bergen, et que nous ne pouvons rester à l'abri, puisque nous voyageons pour notre plaisir.
Embarquons!
... Que se passe-t-il?... Il ne pleut plus!... Rassurez-vous, ça ne durera pas. Et voici la description obligée de l'intérieur de la ville... Première impression: que les places sont grandes!... Une, deux, trois places aussi spacieuses que celle de la Concorde. Pourquoi ce terrain perdu?... C'est qu'on espère ainsi circonscrire les incendies qui trouvent, dans cet amas de maisons en bois, je dirais un «aliment facile» si cette façon de s'exprimer pouvait être admise.
Les tramways électriques sous les trolleys et avec leurs incessants coups de cloche donnent à toutes les villes une uniformité dont on peut se plaindre, puisque nous sommes venus chercher d'autres choses que les nôtres.