Beaucoup de nos lecteurs peuvent, en ce moment, constater sur leurs arbres, ou sur ceux du voisin, la fréquence d'une maladie qui a reçu le nom de chancre et qui se manifeste par une sorte de plaie ulcérée qui se refuse à guérir. Jusqu'à ces derniers temps, le chancre, qui attaque souvent le pommier, était attribué à un champignon parasitaire, appelé nectria. On admettait que la gelée favorise l'apparition du mal: fendant l'écorce, elle faciliterait l'inoculation du champignon. Il semble toutefois qu'on doive abandonner cette façon de voir. Les recherches de M. Brzezniski tendent, en effet, à démontrer que le chancre est dû à un tout autre agent, à une bactérie qu'il a appelée la bactérie du pommier. Inoculée au pommier, elle détermine chez lui la production d'un chancre.

Il est regrettable, toutefois, que le savant polonais n'ait pas pu découvrir en même temps la manière de combattre le mal, car celui-ci est très tenace et l'on ne connaît encore aucun moyen d'engager avec succès la lutte contre ce dévastateur des vergers.

LES VICTIMES DU "FARFADET"

L'équipage du Farfadet, photographié le 14 juin dernier dans l'arsenal de Sidi Abdallah.
D'après une carte postale communiquée par la Patrie.

Après dix jours d'inutiles efforts, le sous-marin Farfadet a pu enfin, le 15 juillet, être dégagé et remorqué dans un des bassins de l'arsenal de Sidi-Abdallah. On vida partiellement ce bassin de façon que le sous-marin reposât sur le fond, incliné à bâbord, mais que, cependant, les radeaux et les barques nécessaires à l'enlèvement des cadavres pussent flotter autour de lui. Dans la nuit du 15 au 16, les capots furent ouverts et, bravant une effroyable odeur de putréfaction, les marins et ouvriers de l'arsenal commencèrent les recherches. Un premier cadavre fut presque aussitôt découvert, celui du quartier-maître Lessausse, et transporté dans un des cercueils qui avaient été préparés. Il fallut ensuite, à l'aide de manches, pomper l'eau qui remplissait le Farfadet avant de pouvoir pénétrer plus avant.

C'est à ce moment que fut exécuté le croquis de notre gravure de première page.

Pendant la journée du 16 et la nuit qui suivit, l'équipe des travailleurs n'interrompit pas un moment son horrible et pieuse besogne. Successivement, furent ramenés au dehors les corps de l'enseigne Robin et des autres victimes--pauvres matelots qui, deux mois auparavant, posaient joyeusement devant un photographe, pour ce groupe que nous reproduisons d'après une carte postale envoyée par l'un d'eux à ses parents.

Le dernier portrait d'Arton. Photographie prise
au Jardin de Paris, par Sartony, rue Duphot.