Août: la saison des bains de mer, suivant l'expression consacrée, «bat son plein»; l'exode en masse des villes vers les nombreuses stations du littoral s'est accompli, et la vie parisienne elle-même n'est autre, à l'heure actuelle, que la vie des plages à la mode.
Mais, en dehors de la mode et de ses aimables tyrannies subies par tant de gens empressés à lui payer un tribut volontaire; en dehors des casinos, avec leurs spectacles et leurs concerts; des promenades d'apparat, avec leurs élégances, la villégiature maritime offre de multiples agréments, goûtés surtout des amis du plein air, des sains exercices, du repos réparateur: la pêche aux coquillages et aux crevettes, facile et pourtant non dépourvue d'émotions; les libres ébats des gentils bambins barbotant à plaisir dans des lacs minuscules ou construisant de fragiles ouvrages; la lutte vaillante de la charmante baigneuse contre la vague; le farniente somnolent des paresseux, mollement étendus sur un tapis de sable fin, que sais-je encore?...
Les malheureux citadins que l'austère devoir ou quelque motif d'ordre économique retiennent attachés, non pas même au rivage, mais très loin du rivage, en sont parfois réduits, par ces jours caniculaires, à attendre de leur imagination l'illusoire sensation d'un peu de fraîcheur et recherchent volontiers des images suggestives, dussent-elles exciter leur légitime envie.
C'est à ceux-là, plus particulièrement, que nous dédions cette série de photographies de saison, dont certaines, prises au moyen du cerf-volant--curieux procédé expliqué dans L'Illustration du 18 octobre 1902--donnent d'amusants effets de perspective panoramique et de raccourci.
NOTRE GRAVURE EN COULEURS
UNE NOCE DANS L'ILE DE MARKEN
Nous avons reproduit récemment (n° du 8 avril 1905) une aquarelle de Georges Scott représentant le Coche d'eau d'Edam à Volendam, en Hollande. Nous lui donnons aujourd'hui un pendant, avec Une noce dans l'île de Marken, du même artiste. Comme Volendam, Marken est bien connu des touristes qui, partant d'Amsterdam, visitent les côtes du Zuiderzée. Ces deux villages de pêcheurs sont voisins: de Volendam on aperçoit nettement l'île de Marken. Mais les costumes et les types des habitants sont tout différents. Les femmes de Marken se distinguent d'une façon toute spéciale par deux grosses mèches de cheveux, non nattées, qui sortent de leur coiffe et leur encadrent le visage. D'un attachement opiniâtre à leur passé, les treize cents habitants de l'île se marient entre eux. Tous ou à peu près sont parents ou alliés, et une noce est une fête générale pour la population entière.
Comment Mme Hofer, cantinière au 28e dragons, est devenue
millionnaire, à 9 h. 22 du matin, le 1er août.
(Photographie instantanée prise dans le grand hall des tirages du Crédit Foncier.)]