Pendant l'éclipse du 28 mai 1900, j'ai parfaitement distingué cette couronne atmosphérique, très lumineuse et d'un blanc d'argent éclatant. Elle se fond dans une seconde auréole, qui lui est extérieure, est moins brillante et moins dense, et paraît formée de corpuscules provenant principalement des éruptions solaires, circulant indépendamment autour de l'astre, dont la forme d'ensemble varie avec l'activité solaire et peut être due à des forces électriques ou magnétiques, contre-balancées par des résistances de diverses natures. Dans notre propre atmosphère, les éruptions volcaniques sont distinctes de l'enveloppe aérienne.
C'est principalement cet entourage solaire que les astronomes vont étudier pendant l'éclipse Son aspect varie suivant les années. Aux époques de grande activité, comme cette année, cette couronne entoure entièrement le disque solaire, à une grande distance, et approche de la forme circulaire. L'une des plus belles et des plus régulières que l'on ait admirées est celle de l'éclipse du 17 mai 1882, voisine, comme celle-ci, d'une époque de maximum de taches solaires. Un dessin qui en a été pris en Égypte par M. Tacchini est d'autant plus curieux qu'une petite comète avait justement été vue près du soleil pendant la totalité.
En général la forme extérieure de la couronne n'offre pas la même régularité géométrique qu'en 1882. Souvent des jets immenses s'élancent au loin en diverses directions.
Pendant l'éclipse de 1900, correspondant à un maximum de l'activité solaire, la couronne s'est montrée très allongée dans le sens de l'équateur solaire. D'un côté même elle était double, et allait finir en pointe tout près de Mercure, qui brillait à une distance égale à environ six fois le diamètre du soleil.
C'est sur l'analyse attentive de cette glorieuse couronne que se porteront les efforts des astronomes, et, notamment, parmi les nôtres, de MM. Janssen et Deslandres, de l'observatoire de Meudon. On l'étudiera par le dessin direct, par la photographie, par l'analyse de la lumière au spectroscope, par les méthodes les plus perfectionnées de la science actuelle.
On comprend tout l'intérêt qui s'attache à la connaissance de l'astre solaire si l'on songe que toute la vie terrestre (ainsi que celle des autres planètes) dépend des radiations de cet astre. De sa surface agitée par les flots d'une éternelle tempête s'élancent constamment, avec la vitesse de l'éclair, les vibrations fécondes qui vont porter la vie sur tous les mondes. Le jour où le soleil s'éteindra, la terre où nous sommes ne sera plus qu'un morne, obscur et silencieux cimetière roulant dans l'éternelle obscurité de l'espace.
LES FÊTES EN L'HONNEUR DE LA FLOTTE FRANÇAISE A PORTSMOUTH ET A LONDRES
| Le maire de Portsmouth et les conseillers municipaux, en robe, allant, le 9 août, présenter à l'amiral Caillard les souhaits de bienvenue de la ville. | Au château d'East-Cowes, le 8 août: l'amiral Caillard présente les officiers de son état-major à la princesse Béatrice de Battenberg, «gouverneur» de l'île de Wight. |