La télégraphie, sans fil emploie les ondes électriques produites dans des conditions déterminées et dont, avant Marconi, MM. Maxwell, Herz et Branly avaient révélé les propriétés et indiqué l'utilisation possible. Ces ondes sont analogues aux ondes lumineuses qui émanent des corps incandescents. Pour faciliter leur production, le poste transmetteur et le poste récepteur sont munis chacun d'une antenne, sorte de tige métallique fixée à une hauteur du sol qui varie avec la portée de transmission à obtenir et qui, pour un rayon d'action de 50 kilomètres sur mer, doit atteindre jusqu'à 40 ou 50 mètres, ce qui est beaucoup. Les ondes partent de l'antenne du poste transmetteur; celle du poste récepteur les recueille et les dirige sur l'appareil enregistreur ou cohéreur. Mais, trop fréquemment, il arrive que les cohéreurs se permettent d'enregistrer des communications qu'on ne leur destine pas. Si, en effet, plusieurs postes récepteurs se trouvent situés dans la zone d'action ou champ d'un même poste transmetteur, le cohéreur de chaque poste récepteur se laisse impressionner par les ondes émanant du poste transmetteur. Il se produit quelque chose d'analogue avec ce qui se passe lorsqu'on jette une pierre dans une eau tranquille et que plusieurs bouchons de liège flottent dans l'espace où se forment les ondes aquatiques: tous ces bouchons exécutent des mouvements de bas en haut déterminés par la production des ondes.

En dépit de ces désavantages auxquels on remédiera certainement avec un peu de temps, la télégraphie sans fil est appelée à rendre les plus grands services au commerce maritime et à la navigation en général. Elle permettra de maintenir en pleine mer des communications avec la côte et surtout de donner aux navires en détresse la possibilité d'obtenir des secours, même s'ils se trouvent à une distance considérable d'un port.

Ces considérations n'avaient pas échappé à notre administration des postes et télégraphes qui, dans le but de généraliser ce mode de transmission entre la mer et le littoral, songea à faire valoir son monopole des communications aériennes. Aussi, après avoir établi, à Villejuif et au moulin de Chérisy, deux postes d'expérimentation de télégraphie sans fil, cette administration, autorisée par décret du 27 février 1904, a-t-elle pris possession, d'accord avec la marine, de tous les postes que l'administration de la rue Royale possédait sur le territoire français. Grâce à ce changement de mains, ces postes, occupés par un personnel spécialisé, pourront être ouverts à la télégraphie privée sans cesser de rendre au département de la marine tous les services désirables. On évitera de la sorte les inconvénients auxquels pouvait donner lieu le fonctionnement de deux réseaux parallèles, ressortissant à deux administrations différentes, notamment une dualité de personnel, des frais superflus et surtout un enchevêtrement des communications qui nous eût ramenés aux plus beaux jours des malentendus téléphoniques.

L'administration des postes et des télégraphes a ouvert, dans le courant de l'année dernière, deux postes que possédait antérieurement la marine: l'un à Ouessant, l'autre à Porquerolles. On procédera prochainement à une installation analogue à Cherbourg, tandis que des expériences seront faites en vue de la construction d'un poste extra-puissant à Toulon.

La variole, maladie évitable.

Sans doute, on admettrait difficilement, en certains pays, en France, notamment, et particulièrement à Paris, que la variole est une maladie évitable.

En effet, voici que Paris vient de subir une petite recrudescence épidémique locale de cette maladie et, l'année dernière, on a relevé, dans notre capitale, 88 décès par variole, soit 3,2 pour 100.000 habitants.

Or, ce qui prouve bien que la variole est une maladie évitable, c'est que, grâce à des mesures de vaccination et de revaccination rigoureuses, Berlin, Breslau, Dresde, Stuttgart, Hambourg, Vienne, Zurich, Edimbourg, la Haye, Copenhague, Stockholm, Christiania, Bucarest, etc., n'ont pas un seul décès depuis 1902.

Même en France, d'ailleurs, Lyon, en 1902, n'a pas eu de décès par variole.

Un pays tout entier, la Norvège, n'a pas eu un seul décès. Nous pouvons ajouter que, dans 75 villes du Danemark et dans 92 villes de Suède, c'est-à-dire dans la presque totalité de ces deux pays, il n'y a pas eu non plus de décès par variole. Alors que la mortalité par variole, pour 100.000 habitants, est à Paris de 3,2, cette mortalité est en Italie de 7,3, en Angleterre de 7,5, et en Belgique de 9,05.