Le cuvelage, ou revêtement intérieur du caisson, en fonte, a une épaisseur de 4 centimètres avec nervures en saillie de 12 centimètres. A l'intérieur, il est garni d'un enduit imperméable; à l'extérieur, il est hérissé d'une armature destinée à fixer le béton que l'on coulera tout autour, enveloppant ainsi la fonte d'un revêtement de béton armé qui aura 90 centimètres d'épaisseur à la clé. La paroi extérieure, en acier, interrompue au dossier du niveau des naissances du cintre, n'a d'autre objet que de former un compartiment étanche pour le coulage du béton jusqu'au point où le caisson sortira de l'eau quand il reposera sur le fond de la Seine.

Dans quelques jours, ce caisson, qui plonge actuellement sur environ 2 m. 30, sera lesté de manière à toucher le fond de la Seine qui se trouve à 5 mètres du niveau normal. Il émergera donc, encore, d'environ 4 mètres. On procédera, alors, au bétonnage en ménageant plusieurs cheminées pour le travail ultérieur de fonçage. Le cuirassement terminé, on enfoncera cette énorme masse sous le lit de la Seine par le procédé classique de l'air comprimé. Comme on compte laisser un intervalle d'un mètre entre la clé de voûte et le fond de l'eau, on devra donc creuser jusqu'à une dizaine de mètres.

Ce travail, qui ne présente dans sa dernière période aucune difficulté technique particulière, demande une précision de calculs et une sûreté d'exécution absolues. L'opération de la mise à l'eau et du transport, en apparence si simple, était déjà fort délicate. Préparée et dirigée par M. Bienvenue, ingénieur en chef du service du Métropolitain, et M. Locherer, ingénieur en chef adjoint, elle s'est effectuée sans le plus léger accroc. Une huitaine de jours ont été consacrés à l'établissement de glissières que des scaphandriers ont assujetties au fond de l'eau. Le 25 août, à 4 h. 35 du matin, le caisson, mis à l'eau la veille, commençait à s'éloigner du pont de Solférino; il s'arrêtait à 6 heures près du pont au Change.

Nous pouvons avoir assez de confiance en nos ingénieurs pour ne pas craindre de voir un jour la Seine tomber dans le Métro.

DOCUMENTS et INFORMATIONS

Les assassins du commandant de Cuverville.

Les meurtriers du commandant de Cuverville, notre attaché naval à Port-Arthur.

Le mystère qui enveloppait la mort du malheureux commandant de Cuverville, notre attaché naval à l'ambassade de Saint-Pétersbourg, envoyé à Port-Arthur pour y suivre les opérations de guerre, s'est éclairci à la suite de l'arrestation de trois de ses assassins.

On se rappelle que le commandant de Cuverville avait quitté, le 17 août 1904, la place assiégée, en compagnie de l'attaché naval allemand, M. de Gilgenheim, et d'un officier lusse. Ils s'étaient embarqués à la baie du Pigeon à destination de Tché-Fou, sur une jonque chinoise qui battait pavillon français. Jamais ils n'arrivèrent au port, et toutes les recherches faites pour les retrouver, aussi bien par la marine allemande que par la marine française, demeurèrent infructueuses. En janvier suivant seulement, les autorités chinoises signalèrent qu'elles avaient mis la main sur la jonque que montaient les disparus. Elles firent arrêter le patron de cette embarcation et deux des hommes de l'équipage; deux autres ont jusqu'ici échappé à toutes les poursuites. Emprisonnés d'abord à Tché-Fou, puis à Fu-San-Chien, le centre judiciaire auquel ressortit Tché-Fou, le patron Yuc-Chich-Yen et les deux matelots Chang-Yen-Ga et Li-Chang-Fat, savamment bâtonnés et torturés, ont fini par confesser leur crime: les trois officiers furent tués à coups de hache pendant leur sommeil et leurs cadavres jetés à la mer. Après quoi, on se partagea ce qu'ils avaient. Quelques-uns de leurs bijoux ont été retrouvés. Mais l'enquête se poursuit encore, les trois assassins n'avouant la vérité que par bribes. Et puis, des accusations graves ont été portées contre les Japonais. On s'efforce de faire sur ce point la lumière.