Une factorerie de la
Compagnie N'Goko Sangha.
La chaloupe française Madeleine, qui
fut arrêtée par les Allemands.

LE PREMIER TRONÇON DU TUNNEL DESTINÉ AU PASSAGE DU MÉTROPOLITAIN SOUS LA SEINE

Arrivée du «caisson» près du pont au Change, en amont duquel il doit être immergé et logé sous le lit du grand bras de la Seine.

LE PASSAGE DU MÉTROPOLITAIN
SOUS LA SEINE

Les Parisiens qui, vendredi dernier, vers 5 heures du matin, suivaient les quais de la Seine entre le pont de Solférino et le pont au Change ont joui d'un spectacle peu banal. Tandis que de nombreux agents cyclistes couraient d'un pont à l'autre au milieu d'automobiles dont les allées et venues accentuaient cette animation insolite, la navigation était complètement interrompue. Seul, un immense coffre en fer glissait sur l'eau entre deux remorqueurs chargés l'un de le traîner, l'autre d'assurer sa direction. Comme le montre notre gravure, cette masse puissante mais peu élégante jetait dans le décor pittoresque et endormi de la Seine une note étrange. De la berge du pont de Solférino, où il fut construit, on amenait, au point du fleuve où il va être immergé, puis «foncé», le premier des cinq caissons devant former le tunnel qui permettra à une prochaine ligne du Métropolitain de passer sous les deux bras de la Seine.

Cette ligne relie la porte de Clignancourt à la porte d'Orléans, en touchant les gares du Nord et de l'Est et en desservant les Halles, la Cité, le boulevard Saint-Germain, la rue de Rennes et la gare Montparnasse. Elle atteint la Seine en débouchant de la place du Châtelet, un peu en amont du pont au Change, et traverse en biais les deux bras du fleuve dans la direction de la place Saint-Michel.

C'est la première fois que l'on procédera de cette façon pour passer sous une rivière. Jusqu'ici on avait coutume d'avancer directement sous l'eau au moyen du bouclier. En raison des dimensions nécessaires pour placer les deux voies dans un même tunnel, ce mode d'exécution n'a point paru offrir une sécurité assez grande, et les ingénieurs ont préféré inaugurer la solution du problème par l'emploi des caissons foncés verticalement avec emploi d'air comprimé.

Le caisson que représente notre gravure mesure les dimensions suivantes: longueur, 36 mètres; hauteur, 9 mètres; largeur extérieure, 9 m. 60; largeur intérieure, 7 m. 30. Il pèse 280 tonnes.

Deux autres caissons, de longueur un peu différente, formeront, avec celui-ci, un tunnel courbe de 120 mètres de longueur, ayant un rayon de 350 mètres, dans lequel on franchira le grand bras du fleuve; le tunnel du petit bras, rectiligne, sera formé par deux caissons donnant une longueur de 60 mètres.