L'éclipse à 1 h. 9 (ciel couvert). L'éclipse à 1 h. 15 (ciel dégagé).

Boulevard des Italiens, sur un toit: le photographe
Gerschell prenant les deux images de l'éclipse.

Observation du phénomène réfléchi dans un seau.

Les agents en observation. A travers son parapluie.

Les photographies scientifiques prises par les astronomes en Espagne ou en Tunisie, dans les régions de l'éclipse totale, n'ont pu nous parvenir encore. Mais nous pouvons du moins enregistrer, dès cette semaine, le succès de curiosité qu'a obtenu à Paris même l'éclipse partielle, dont toute la France a dû se contenter. C'était à l'heure du déjeuner, et les quartiers ouvriers, avec le va-et-vient qui les anime à ce moment, comme les boulevards et les rues du centre, où les flâneurs semblaient s'être donné rendez-vous avec les employés et les «midinettes» échappées de leurs, ateliers, ont présenté le spectacle le plus original. Les nuages s'étant écartés à la minute voulue, vers une heure, chacun cherchait à voir de son mieux le phénomène à sa façon, d'après les recettes de son journal, qui à travers de vieux clichés photographiques ou des verres fumés à la flamme d'une bougie et qui noircissaient les doigts, qui par des trous d'épingle percés au fond de son chapeau ou au travers d'une feuille de carton, tel fantaisiste ingénieux enfin à travers l'étoffe mince de son parapluie. Dans les restaurants soudain vidés, les tables demeuraient désertes. Mille petites scènes amusantes s'offraient, le long du trottoir, à l'observateur. Ce sont quelques-unes d'entre elles que L'Illustration, grâce à l'ubiquité et à la rapidité de ses services photographiques, peut offrir ici à ses lecteurs.

Contre la balustrade du Métro, place de l'Opéra. Les balcons de la mode, rue de la Paix.