| Par un trou de son chapeau. | Les midinettes, rue de la Paix. | Un observateur attentif. |
M. Alexandre Bérard, sous-secrétaire d'État, dans son
cabinet de travail, avec M. Pierre Jouhannaud, son chef de cabinet.
LA "CRISE" DES POSTES
Personne ne peut plus l'ignorer. Elle a fait trop de bruit. Les journaux sont remplis de doléances et de plaintes: public d'un côté, employés de l'autre se répondent en lamentations alternées, comme les strophes et les antistrophes du choeur antique. Ceux-ci sont surmenés, ceux-là sont mal servis. Le public y met plus d'acharnement que les employés, disposés en général à rendre hommage à la bienveillance particulière du sous-secrétaire d'État aux Postes et Télégraphes, M. Alexandre Bérard, et à mettre hors de discussion les bonnes intentions d'un chef qui a fait pour eux plus qu'aucun de ses prédécesseurs.
En somme, cette crise est périodique: elle se reproduit chaque année avec la saison des villégiatures. On donnait, l'autre jour, un exemple bien caractéristique de cette augmentation du trafic postal qu'apporte l'été: la receveuse d'une petite commune du Pas-de-Calais qui n'a, en hiver, que 1.500 habitants, a dû expédier, du 20 juillet au 20 août, 30.000 cartes postales illustrées--1.000 par jour! Le croirait-on: la carte postale illustrée, la malencontreuse carte, est à peu près la seule cause, la principale du moins, du mal dont on se plaint.
Sans doute, ce mal sévissait depuis quelques années déjà. Il est allé croissant. Le voici arrivé à l'état aigu, au moment où il faut impérieusement lui trouver un remède rapide.
Pourtant, à voir fonctionner, à la recette principale de Paris, si régulièrement, si parfaitement, les rouages délicats et compliqués dont l'ensemble compose le service postal, on s'étonne de toutes ces doléances qu'on a entendues. Mais, précisément, cet organe formidable est peut-être celui dont on ait le moins lieu de se plaindre. Sous la direction de M. G. Serres--qui fut naguère l'organisateur du service postal de l'Exposition de 1900, l'un des rares services de la foire du monde qui ait marché à souhait--la recette principale de Paris apparaît comme un modèle auquel on voudrait voir ressembler, toutes proportions gardées, pour la régularité, la ponctualité, le plus infime des bureaux de France. C'est ici qu'il faut venir pour se faire rapidement une idée, au moins sommaire, de l'organisation du service postal en France.