La première l'accueillit fort mal et lui a toujours témoigné de l'antipathie. L'autre lui a fait bon visage. La première est blonde, à peau blanche, et grande; la seconde, brune, et courte. Leurs figures sont très différentes. Jusqu'à la treizième année, les deux sieurs ont conservé chacune le caractère qui vient d'être dit. Mais, à cette époque critique, du jour au lendemain, il y a eu changement total. La brune, autrefois affectueuse pour son frère, ne peut plus le supporter: l'antipathie qu'elle a prise pour lui lui donne même de l'animation et de la loquacité: elle s'en moque et le critique sans cesse. Elle a pris tout le caractère qu'avait sa soeur. Et celle-ci lui a pris le sien: elle est devenue apathique, cherche l'isolement, et supporte son frère sans marquer de répulsion. Le frère n'a rien gagné, les parents non plus.

Le paquebot «Kaiserin-Augusta-Victoria».

Lancement du Kaiserin-Augusta-Victoria, le plus long paquebot du monde.

On a lancé, le 29 août, des chantiers Vulkan, à Stettin, un navire destiné aux voyages transatlantiques, qui sera le plus long du monde: le Kaiserin-Augusta-Victoria. La mise à l'eau a eu lieu sans apparat, quoique l'empereur Guillaume II y assistât, avec l'impératrice Augusta-Victoria, qui avait accepté d'être la marraine du navire. Mais l'empereur a tenu à faire répandre qu'il venait là simplement à titre d'«ami» du président de la Hamburg-Amerika Linie, à la flotte de laquelle appartient le nouveau paquebot. Et il n'a prononcé nul discours, laissant à son «ami» et au maire de Stettin la tâche d'exalter la marine allemande et le patriotisme naval.

Le Kaiserin-Augusta-Victoria sera un admirable navire et qui justifie les panégyriques adressés ce jour-là à la Compagnie Hamburg-Amerika.

Il a 213 mètres de longueur, 39 mètres de largeur, 16m,50 de creux. Son tonnage brut est de 25.000 tonnes, son déplacement de 42.500 tonnes; ses machines, à balancier, système qui atténue les trépidations toujours si désagréables aux passagers, développeront 17.200 chevaux, et lui donneront une vitesse de 18 milles à l'heure, lui permettant de faire, en sept jours et demi, la traversée de Cherbourg à New-York. Il y a plus rapide. Mais la Hamburg-Amerika a voulu surtout créer un bateau confortable et de gros rapport. Le Kaiserin-Augusta-Victoria pourra prendre 16.000 tonnes de cargaison, emmener 550 passagers de 1re classe, 300 de 2e, 250 de 3e et 2.500 d'entrepont, soit 3.400 passagers, ce qui, avec les 600 hommes dont se compose l'état-major et l'équipage, donne un total de 4.000 habitants à cette ville flottante: trois navires pareils suffiraient au transport d'une division d'infanterie sur pied de guerre, hommes et matériel.

Il est presque superflu d'ajouter qu'on a déployé, dans l'aménagement du paquebot, un grand luxe. Il y a, à bord, des appartements complets, avec salle de bain; deux restaurants, où l'on dîne en musique, aux accents d'un orchestre allemand et d'un autre de tsiganes; une salle de gymnastique et des bains de lumière électrique. Une bouquetière vend chaque jour des fleurs fraîches; des soeurs de charité diplômées assurent le service de l'infirmerie. Le téléphone est partout; enfin, des ascenseurs desservent les différents étages.

Le match à l'aviron franco-allemand